‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 292 sur 348 · LB PROSPECTUS DES ŒUVRES DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LB PROSPECTUS DES ŒUVRES DE VOLTAIRE

mais, disaient-ils, « qu'il s'en faut que ce prélat ait agi , pour obtenir une demande si juste, avec cette chaleur qu'il sait mettre dans la poursuite des affaires qui intéressent ses préventions en matière de doctrine, ou son amour pour la domination ^ » !

Toujours la même injustice de parti pris. Il est notoire, pourtant, que l'archevêque s'était montré fort blessé du retentissement donné au prospectus des œuvres complètes. On savait qu'il s'était plaint vivement au roi, lequel avait fait admonester les écrivains du Journal de Paris, coupables d'avoir inséré l'annonce dans leurs colonnes. Mais Beaumarchais passait alors pour être « chaudement appuyé par de grandes dames » et se soucier peu d'aucune « censure civile ou ecclésiastique ^ ». Plusieurs collègues de Beaumont n'en élevèrent que plus haut la voix pour réclamer à leur tour, et le tolérant d'Alembert s'en irritera jusqu'à faire des vœux pour appeler contre ces prélats des mesures de répression : « Si on savait en France imposer silence à ces sonneurs de tocsin, ils n'auraient ni partisans, ni imitateurs. Peut-être, à la fin, sentira-t-on la nécessité de les réprimer, pour l'honneur de la raison et le repos public ^. »

Beaumarchais ne fut pas le moins sensible de tous à l'éclat de l'archevêque de Paris, avec lequel il se targuait d'avoir échangé récemment une correspondance d'affaires. Je dois dire à quelle occasion.

Une princesse polonaise, mariée en premières noces au prince Sangusko et divorcée depuis dans son pays ,

i Nouyjelles ecclésiastiques de 1781, p. 116*

* Correspondance secrète^ 1. 1, p. 367.

• Lettre du 11 mai 1781.

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