UNE SÉANCE A SAINT-MAGLOIRE
cérémonie du 15 août, qu'il avait peine à lever la main pour bénir la foule et qu'il finit par s'en abstenir tout à fait.
Retiré dès lors à Conflans, il en sortit néanmoins , le 4 septembre, pour venir donner un témoignage de paternel intérêt au prince Louis de Saxe, neveu de feu la dauphine Marie-Josèphe. Ce jeune clerc du diocèse de Troyes, âgé de quinze ans à peine, soutenait ce jourlà, dans la grande salie du séminaire de Saint-Magloire, un exercice public en présence d'environ cent cinquante personnes des plus distinguées, parmi lesquelles on remarquait le nonce du p&pe , huit évoques, le prince Xavier, son père, et deux cordons rouges ^ Uexercice roulait naturellement sur les auteurs anciens, qui formaient le fond des études classiques du jeune homme. On trouva que le prince avait montré beaucoup de bonne grâce dans ce tournoi littéraire , et qu'il s'était surpassé dans sa critique de certaines odes d'Horace , comparées avec un choix de psaumes traduits du grec des Septante *.
Le lendemain, Louis de Saxe ne manqua point de se rendre à Conflans pour remercier le prélat, qui lui offrit, le plus gracieusement du monde, « un panier de ses superbes pêches^». — «C'est un à-compte», dit
1 Saint-Magloire était, avec le collège Sainte-Barbe où il avait fait élever ses neveux, une des maisons d'éducation que le prélat favorisait le plus. Il y vint souvent présider des exercices analogues, notamment ceux qu'avait soutenus, le 24 juillet 1775 et le 23 juillet t776, ce jeune abbé de Bourbon, fils de Louis XV et protégé de Mesdames, qui mourut aussi à la fleur de Tâge.
' Les jansénistes cependant, non sans quelque apparence de raisoD. s'étonnèrent de la belle part faite, dans le programme, aux € odes les plus décentes dWnacréon » mises également eu parallèle avec les « odes anacréon tiques du poète latin >. (youveUes de 1781, p. 197.)
'Hardy, 4 septembre 1781.