‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 300 sur 348 · NAISSANCE DU PREMIER DAUPHIN · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU PREMIER DAUPHIN

Taimable vieillard avec son fin sourire , faisant allusion aux ambitions enfantines qui avaient tant réjoui naguère le P. de Barruel, précepteur du jeune prince, le jour où celui-ci s'était ouvert de ses premières inclinations pour l'état ecclésiastique. « Monsieur Louis vise toujours un peu haut, écrivait, en effet, cinq ans auparavant, Barruel au prince Xavier de Saxe ; T archevêché de Paris lui plairait beaucoup ^ ». Mais ce jeune homme de tant d'espérance allait manquer à sa famille dans l'espace de quelques mois. Né à Dresde, le 27 mars 1766, il mourut à Pont-sur-Seine le 22 août 1782.

Cependant, Christophe de Beaumont put encore se transporter à Paris, le 18 octobre, pour consacrer le nouvel autel du chœur dans l'église de Saint-Germain l'Auxerrois ^ ; il officia même au salut ; mais il ne devait plus reparaître en public que pour haranguer le roi, huit jours après, sous le porche de Notre-Dame, à l'occasion de la naissance du premier dauphin. Bien des yeux se mouillèrent de larmes quand le prélat , cassé par l'âge et dominant mal son émotion, « se félicita d'avoir vu, avant de mourir, naître cet enfant si désiré , et développa dans un discours pathétique ces belles paroles du cantique chanté dans le temple de Jérusalem : Nunc dimittis... ^ ».

Louis XVI, en cette circonstance, fut salué par de telles acclamations, qu'il put croire que des liens indissolubles achevaient de rattacher le peuple à son roi. De

î Lettre du 21 janvier 1777 {Archives de Troyes).

* Cet autel avait été exécuté en marbre et en bronze, sur les dessins de Bacarit, architecte du roi. On peut en voir la description dans Bachaumont (16 octobre 1781).

• Année littéraire de 1784, t. V, p. 238.

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