DERNIERE MALADIE DE BEAUMONT
tionnels de 98, le libelliste entend qu'ils seront tous deux « brûlés vifs^ ».
Mais détournons notre pensée de ces souvenirs de deuil, et assistons aux derniers moments du saint archevêque, à qui Dieu voulut épargner le spectacle des plus mauvais jours de notre histoire.
Le dimanche, 4 novembre 1781, le chapitre de Notre- Dame avait été admis auprès du roi, pour le féliciter de rhéritier que le ciel donnait à la couronne. Beaumont s'était fait excuser, car déjà l'enflure/ gagnait ses jambes , et l'on pouvait constater les symptômes alarmants de rhydropisie ^. Il quitta Conflans le 16 du même mois, afin de se trouver plus à portée, dans le palais archiépiscopal, de recevoir les soins que réclamait une situation aussi grave. Malheureusement une question d'amour-propre divisa les deux célèbres médecins, Bâcher et Bouvart, appelés à prononcer sur le régime que devait adopter et suivre l'archevêque. Ce sera entre eux, pendant plusieurs semaines, « une' perpétuelle contradiction^ », au point qu'on en dut venir, après la mort du vénéré prélat, à des explications formelles réclamées par l'opinion publique.
Je ne puis citer ici cette pièce intéressante à tous égards; je détacherai du moins, malgré la familiarité de certains détails, quelques lignes de l'article dans lequel elle fut produite.
» Revue politique et littéraire, t. XXI, p. 938. — Cf. Hardy, VI janvier
' Le continuateur de Bachaumont, qui nous donne ce délail précis, a donc mauvaise grâce, en rapportant la visite des chanoines au roi, d'ajouter une réflexion peu bienveillante : « Cette fois M. de Beaumoat n'a pas Jugé à propos d'eu être. » (8 novembre 1781.)
' Hardy, 16 novembre 1781.