BIENVEILLANCE DE BEAUMONT
de s'exclamer dans une sorte de transport : « Je vois d*ici les jansénistes mourant l'année prochaine de leur belle mort, après avoir fait périr cette année-ci les Jésuites de mort violente; je vois la tolérance s'établir, les protestants rappelés, les prêtres mariés, la confession abolie, et Yinfàme écrasée sans qu'on s'en aperçoive ^ »
Cependant Christophe de Beaumont, tenant plus encore qu'il n'avait promis, offrit de conféreri le sousdiaconat aux jeunes scolastiques de la Compagnie, en admettant dans le nombre jusqu'aux théologiens de première année. Tandis que le P. de la Croix en informait le général ^, les hommes du parti cherchaient un biais pour enlever à tous les Jésuites de Paris le confessionnal et la chaire; mais, comme ce sont là des pouvoirs qui dépendent régulièrement de l'archevêque lui-même, plus d'un curieux se demandait de quelle façon nos gens allaient s'y prendre « pour passer pardessus ces règles^ ». Craignant de faire un pas de clerc qui ne mettrait point les rieurs de leur côté, les magistrats préférèrent, pour le moment, harceler le courageux prélat par une série nouvelle de taquineries offensantes dont le récit n'offrirait qu'un intérêt médiocre*. Aussi bien lui prépàrait-on, dans la personne des religieux ses clients, de prochains et plus amers déboires.
Déjà même le bruit se répandait que les confesseurs
1 Lettre à Voltaire, 4 mai 1762.
^ « lUustrissimus archiepiscopus Parisiensis uliro theologos primi anni ad subdiaconatum promovit. » (Lettre du P. de la Croix, 13 avril.)
s Barbier (t. VIII, p. 39).
♦ Sur la question des tJrsulines de Saint-Cloud et du vicîiire de Sainl- Médard, on peut consulter les Mémoires de Picot, t. IV, p. 85. — Pour la nouvelle affaire Hooke, voir Y Ami de la Religion, t. XXXIf, p. 167.