LE CONFESSEUR DE MESDAMES
de la famille royale étaient remerciés et que le P. Desmarets, en particulier, avait reçu ordre du .roi de se retirer à la maison professe. Je soupçonne qu'il n'y avait là qu'un écho de la plaisanterie colportée par les philosophes : « Les Jésuites ne seront pas martyrs tant qu'ils resteront confesseurs, » Quoi qu^il en soit, la rumeur était alors d'autant plus mal fondée que Mesdames Adélaïde et Victoire affectèrent bientôt, en allant prendre les eaux à Plombières, de faire connaître qu elles emmenaient le P. BoUe, leur confesseur, avec les autres personnes de leur suite. Mais la Compagnie dé Jésus aura subi, durant ce voyage de trois mois, une épreuve terrible, et le P. BoUe écrira. douloureusement au retour : « Je rentre à Versailles avec Mesdames , obligé de prendre en route l'habit du prêtre séculier; mais, si le vêtement change, le cœur reste et restera le même jusqu'à la mort^. »
Un coup plus rude était réservé à ces victimes de tant de haines, et le correspondant peu charitable que nous citions tout à l'heure devinait juste, quand il écrivait au lendemain de l'arrêt du Parlement : « Tout /;e qui se passe aujourd'hui n'est que le prélude de leur anéantissement total qui semble n'être pas loin-. »
1 « Sed mutata veste, idem perstat perstabitque animus quamdiu vixero. » (Lettre du 6 septembre 1762 au P. Ricci.) > Lettre du 2 avril 1762 au P. Canto, de l'Oraloire.