‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 35 sur 348 · EPREUVES DE L EGLISE DE FRANCE · texte numérisé non relu

EPREUVES DE L EGLISE DE FRANCE

crédit auprès de M. Tévêque d'Orléans (chargé de la feuille des bénéfices) et une multitude de personnes qui lui demandent. Il me fait quelquefois pitié ^ »

Dans la lettre citée plus haut, nous relèverons encore une parole qui dit assez quelles sollicitudes autrement graves entretenaient dans l'âme des deux saints prélats les épreuves que traversait l'Église de France. « Rien de plus juste, ma chère fille, que votre consternation sur la destruction des Jésuites. C'est un événe^ ment auquel la sagesse humaine ne pouvait s'attendre, mais la sagesse diabolique est au-dessus et l'a emporté. Il faut adorer la profondeur des voies de Dieu dans sa colèce. Le moyen que l'impiété qui domine ne nous attire pas les plus grands malheurs ! Ne comptons que sur Dieu, et quand tout secours humain nous sera ôté, mettons encore notre entière confiance en lui, quelque affligés que nous soyons. »

Les évêques, en effet, n'avaient plus guère à compter sur l'appui des hommes. C'est ce qu'affirmait le Souverain Pontife lui-même dans sa lettre célèbre du 9 juin aux prélats assemblés à Paris. « Ne nous laissons pas plus longtemps abuser à la vaine confiance qui nous vient des créatures, mais mettons notre espoir en Dieu. » Et Clément XIII les suppliait de porter néanmoins encore aux pieds du roi le sujet de leurs plaintes et de leurs douleurs, afin d'assurer au plus tôt la protection des religieux condamnés ; cai^ disait-il, si de tels attentats contre l'Église ne sont réprimés sans retard, « il n'est point de danger qu'on n'ait à redouter pour le

i Lettre du 26 décembre 1762 à la même religieuse.

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