‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 37 sur 348 · ASSEMBLEE EXTRAORDINAIRE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

ASSEMBLEE EXTRAORDINAIRE DU CLERGÉ

religieux dont ils affirment « qu'ils ne trouvent point, pour les seconder, d'ouvriers plus exemplaires dans la conduite, plus infatigables dans le travail et plus subordonnés dans la hiérarchie* ».

Mais on a vu précédemment que l'archevêque de Paris comptait davantage sur une manifestation simultanée de l'épiscopat. La réunion tenue chez le cardinal de Luynes n'ayant provoqué de la part du roi que d'inefficaces expédients, le vaillant prélat voulut se flatter encore que ce prince ne résisterait pas à T unanimité des évêques représentés dans l'Assemblée générale du clergé de France.

Cette convocation extraordinaire, due à l'initiative de Louis XV, qui sollicitait de nouveaux secours d'argent, pouvait, à ce titre même, préparer une solution meilleure des difficultés pendantes. Christophe de Beaumont, honorablement accueilli par ses collègues qui déclarent le recevoir « avec un empressement proportionné à l'estime et à l'attachement que ses vertus lui ont si justement acquis », tint à montrer, dès le début des séances, que son zèle pour les intérêts de l'Église était loin de le laisser indifférent aux intérêts de son pays. Le premier il opina pour qu'on accordât au souverain un don gratuit de sept millions cinq cent mille livres, disant que « sa province (de Paris) était trop vivemeut frappée des besoins de l'État et trop sensible à la gloire du roi et de la nation, pour pouvoir penser dans ce moment à la triste situation des affaires du clergé - ».

Cet avis de l'archevêque, lisons-nous dans les procès-

1 Lettre de l'évéquo du Puy à Louis XV, 16 avril 1702. * Procès- verbal de l'Assemblée du 1 1 mai, p. 28.

SON APOLOGIE DES JESUITES. ilf

verbaux, fut aussitôt « adopté par toutes les provinces ». On convint ensuite d'ajouter à l'offrande première celle d'un nouveau million que Sa M^^jesté serait priée d'^ecter spécialement à l'augmentation de notre marine de guerre.

Ce devoir accompli, les prélats se sentaient plus à l'aise pour formuler leurs renjiontrances. La question des Jésuites devait en faire les principaux frais. Le 24 juin, La Roche- Aymon, archevêque de Narbonne et président de l'Assemblée, fut député pour lire au roi une adresse, signée de chacun des membres, qui restera comme un des plus chaleureux témoignages rendifs à la cause du droit. Elle débutait ainsi :

Sire, en vous demandant aujourd'hui la conservation des Jésuites, nous avons Thonneur de présenter à Votre Majesté le vœu unanime de toutes les provinces ecclésiastiques de son royaume. Elles ne peuvent envisager sans alarmes la destruction d'une Société de religieux recommandables par l'intégrité de leurs mœurs, l'austérité de leur discipline, l'étendue de leur travail et de leui's lumières , et par les services sans nombre qu'ils ont rendus à l'Église et à l'État...

La lettre se termine par ces paroles nettes et fermes :

Ainsi tout vous parle. Sire, en faveur des Jésuites. La religion vous redemande ses défenseurs, TÉglise ses ministres, des âmes chrétiennes les dépositaires du secret de leur conscience, un grand nombre de vos sujets les maîtres respectables qui les ont élevés, toute la jeunesse de votre royaume ceux qui devaient former leur esprit et leur cœur. Ne vous refusez pas. Sire, 4 tant de vœux réunis; ne souffirez pas que dans votre royaume, contre les rè^les^ de la justice., contre celles de TÉglise, contre le droit civil, une Sodélé entière soit détruite sans Tavoir mérité : Fintérèt de votre

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