‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 42 sur 348 · FORTUNE DE CR LIVRE · texte numérisé non relu

FORTUNE DE CR LIVRE

sion de foi du vicaire Savoyard, morceau capiUil de X Emile, était « une pièce faite pour avoir partout Tapprobation du genre humain, et celle de la cour dans la circonstance ».

D'où pouvait donc venir l'obstacle f Contre qui réclamer? A qui s'en prendre?

Les Jésuites, d'aventure, n'étaient-ils pour rien dans l'affaire f Christophe de Beaumont, leur partisan, se serait-il jeté brusquement à la traverse? Aurait-il eu raison de Malesherbes et tiendrait-il encore la cour en échec? C'était plus qu'il n'en fallait pour mettre aux champs l'ombrageux philosophe. « A l'instant, écrit-il, mon imagination part comme un éclair et me dévoile tout le mystère d'iniquité : j'en vis la marche aussi clairement, aussi sûrement qui si elle m'eût été révélée. Je me figurai que les Jésuites, furieux du ton méprisant sur lequel j'avais parlé des collèges , s'étaient emparés de mon ouvrage; que c'étaient eux qui en accrochaient Tédition; que... prévoyant ma mort prochaine, dont je ne doutais pas, ils voulaient retarder l'impression jusqu'alors, dans le dessein de tronquer, d'altérer mon ouvrage, et de me prêter, pour remplir leurs vues, des sentiments différents des miens ^ »

Un moment de réflexion calme eût fait comprendre à Rousseau que les Jésuites, à la veille d'être bannis de France, devaient être beaucoup moins occupés à s'attaquer aux autres qu'à se défendre eux-mêmes. Quant à Beaumont, c'était de face qu'il avait coutume d'aller à ses adversaires, et nul d'entre eux ne l'accusa jamais de marcher à son but par des voies obliques. Le com-

1 Loc. eit.

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