‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 6 sur 348 · DÉMARCHES DE LA FAMILLE ROYALE · texte numérisé non relu

DÉMARCHES DE LA FAMILLE ROYALE

Viarme, La Bourdonnaye et Flesselles fut nommée parmi les membres du Cîonseil, pour se livrer au même travail que celle du Parlement. Le roi se flattait d'annihiler ainsi Tune par Fautre. Il « comptait » — c'est son mot — que le Parlement ne statuerait rien à l'endroit des Jésuites avant d'avoir connu ses instructions. Or, messieurs des Enquêtes ayant arrêté « que le mot dont le roi s'était servi (il comptait) n'était pas un ordre », décidèrent qu'on lirait, le lendemain même, à l'assemblée des chambres, le rapport sur les femeuses constitutions *. € Cela est encore vif, > conclut notre chroniqueur. Msds Joly de Fleury ayant allégué l'impossibilité où il s'était trouvé d'examiner dans l'intervalle deux gros volumes in-quarto, on lui accorda du répit jusqu'au 3 juillet.

Pendant ce temps-là, Beaumont n'avait cessé de s'entremettre auprès de la famille royale pour tenter d'éclairer par elle la religion de Louis XV. Chaîné par le nonce du pape à Varsovie d'annoncer à la dauphine la prochaine entrée du prince Clément de Saxe, son frère, dans la cléricature^, il profita de cette visite intime pour presser la pieuse Marie-Josèphe de faire servir à la défense des religieux persécutés l'ascendant que ses vertus et ses malheurs exerçaient sur l'âme du roi. Une lettre du P. Croust, confesseur de la princesse, nous apprend avec quelle ardeur elle répondit à l'appel du généreux archevêque, encouragée qu'elle était par les supplications unanimes de ses belles-sœurs ^.

» Barbier (I. VU, p. 372).

' C'est le 24 mai 1761 que le prince Clément, frère de la dauphine, reçut la tonsure ecclésiastique dans la chapelle du roi de Pologne, en présence de la cour et des ministres étrangers. {Journal eneydop.j juin t761, p. 158.)

* € Serenissima Delphina Regem fortiter allocuta est, circumstantibus

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