‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 67 sur 348 · BREF DU PAPE A L* ARCHEVÊQUE · texte numérisé non relu

BREF DU PAPE A L* ARCHEVÊQUE

diplomatiques, mais le sort dont on menaçait le généreux Beaumont ne laissait pas de lui inspirer les plus grandes inquiétudes. « Qu'a dono fait Tarchevêque de Paris, écrivait-il douloureusement au cardinal de Luynes, et quel crime a-t-il donc pu commettre, pour que chacun redoute de voir le Parlement se livrer contre lui aux extrémités les plus fâcheuses ? » Et le Souverain Pontife d'épancher son âme en faisant Téloge d'un prélat dont il ne peut assez exalter le courage et déplorer les récents malheurs*.

Jaurais voulu pouvoir transcrire en entier ce bref . mémorable, mais il en est un autre qu'on me reprocherait, à bien plus juste titre, de dérober à l'admiration du lecteur. Voici donc le témoignage solennel rendu à Christophe de Beaumont par le glorieux Pontife dont Caylus venait de dire : « Il me semble que votre pape a le caractère de notre archevêque. Si celui-ci se retire à Rome, ils seront les deux doigts de la main ^. »

€ Nous ne doutons pas, Vénérable Frère, que vous ne vous soyez attendu et préparé à tout ce qui vous arrive. Vous n'aviez pas été sans prévoir qu'il s'élèverait contre vous une violente tempête, dès que vous auriez publié une Instruction pastorale, dans laquelle, avec un si grand mérite de votre part et avec l'approbation unanime des gens de bien, vous avez récemment entrepris de défendre le pouvoir divin de l'Église.

1 « Quo nuntio visum est Nobis acerrîmo quàsi morsu premi cor nos* trum. » (Bref du 8 février 1764.)

* Lettre du 23 janvier à Paciaudî. — D'après Galiani, le bruit courait qu'on voulait forcer Beaumont à se démettre de Tarchevèché de Paris, lequel serait donné à Bernis ou à Montazet ; en ce dernier cas, Bernis irait à Lyon. Mais, ajoute le correspondant de Tanucci, cosa più denderabile che ver a (Lettre du 9 janvier 1764).

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ÉLOGE DE BEADMONT. 91

Mais ni les périls dont on vous menaçait, ni les travaux qu*il vous fallait embrasser, ni les amertumes et les angoisses dont vous alliez subir Fétreinte, rien n'a été capable de faire fléchir en vous les obligations que vous imposait l'épiscopat. En vérité , si les anciens reparaissaient au milieu de nous, eux qui bravèrent pour la cause de la même foi toute sorte de dangers et de luttes, ils ne pourraient qu'admirer votre constance et cette fermeté si digne d'un ministre de Jésus -Christ.

« Si Nous entreprenions de vous consoler des injustices dont vous êtes déjà la victime, vous qu'on vient d'arracher violemment à Taffection de l'Église votre épouse, Nous croirions aller contre la fin que vous vous êtes proposée vous-même. Vous avez toujours eu , en effet, cette pensée profondément gravée dans votre esprit, qu'il reviendrait un grand honneur et une gloire insigne à la religion catholique, si l'un des membres du corps épiscopal avait à soufi&ir des injures et des outrages pour le nom de Jésus, ce nom devenu aujourd'hui le jouet d'une audacieuse impiété... Nous aimons mieux rendre grâce à Dieu, Vénérable Frère, de ce qu'il a répandu dans votre âme cette généreuse ardeur qui ne vous permet pas d'hésiter un seul instant à sacrifier votre fortune et votre vie pour la conservation de l'intégrité de la foi, la défense et le salut de l'Église, la majesté et l'autorité du Siège apostolique, en un mot, pour les intérêts de la religion tout entière... C'est pour cela que Nous Nous faisons un sujet de gloire, en présence de l'Église universelle, de l'énergie de votre foi et de votre patient courage dans les tribulations.

« Pour vous. Vénérable Frère , que Dieu a certainement choisi pour être un modèle de l'ancienne disci-

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