‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 71 sur 348 · LA VENGEANCE DES JÉSUITES · texte numérisé non relu

LA VENGEANCE DES JÉSUITES

Pompadour avait eu « toutes les horreurs de Tappareil » de rextrême-onction , obligée qu'elle était de « quitter la plus agréable situation où une femme puisse être ». Et il osait, dans la même lettre , dicter à une autre femme ces lignes affreusement cyniques : « On dit quelquefois d'un homme : il est mort comme lui chien ; mais vraiment un chien est très heureux de mourir sans tout cet attirail dont on persécute le dernier moment de notre vie ^ »

On sait quel mot sans cœur laissa tomber Louis XV sur le cercueil de la triste favorite. Ce qu'on ne sait pas assez, et ce qu'il m'est singulièrement doux de faire connaître, c'est la manière dont les Jésuites, à l'exemple de Christophe de Beaumont, se vengeaient devant Dieu des persécutions dont ils étaient si arbitrairement victimes. Nous aimons à retrouver, dans le fragment de lettre que je vais citer, le souvenir d'un saint religieux, bien jeune alors, destiné de Dieu à gouverner en France, cinquante ans plus tard, la Compagnie de Jésus restaurée par Pie Vil. Voici ce qu'écrivait au général Ricci le P. Guillaume Forest , réfugié à Notre-Dame de Lorette :

... Je crois devoir faire paii; à Votre Paternité de ce que continue de m'écrire de Liège le jeune et vertueux P. Picot de Clorivière : qu'il s'est fait parmi nos Frères dispersés, des plus fervents, un complot de vengeance évangéliqrie, par lequel on s'est engagé à redoubler les prières pour tous ceux qui ont contribué à la ruine de notre Compagnie en France. On doit se dépouiller, dans ce complot, Je toute vue d'intérêt général ou particulier, et ne se proposer que la gloire de Dieu et le salut du prochain. C'est par les saints

* Lettre du 9 mai 1764 à la marquise du DefTand.

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