‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 74 sur 348 · LETTRE DE CACHET SUSPENDUE · texte numérisé non relu

LETTRE DE CACHET SUSPENDUE

plus vrai que de coutume : «Eh quoi! monsieur, lui dit vivement la reine, vous plaignez Athanase, et vous , qui êtes le maître, vous le laisserez mourir en exil ? — Non, non, reprit aussitôt le monarque sincèrement ému, il n'y mourra pas. » Et, sur-le-champ , au rapport de Proyart, il prit des mesures pour le rappel du métropolitain de Paris *.

Le 13 septembre, licence est octroyée à Beaumont de quitter momentanément son exil, dès que les médecins le jugeront en état d'être transporté à sa villa de Contlans. <c On observa de ne le rappeler, remarque le manuscrit de Hardy, que quand toute la cour fut partie pour Fontainebleau, attendu qu'il devait passer à Versailles 2. » Et Versailles ne voulait pas se commettre avec le glorieux banni, car, à vrai dire, la lettre de cachet n'était que suspendue^ elle n'était point révoquée.

D'après le Journal encyclopédique, l'archevêque ne put rentrer à Conflans que le 4 octobre, et l'abbé de la Trappe , justement inquiet, ne crut pouvoir mieux faire que de quitter momentanément aussi sa retraite pour se mettre au service du malade ^. C'est sans doute à cette occasion que Mgr de la Motte écrivit la belle lettre suivante :

€ Il est vrai, mon très honoré Père, que le dessein de M. l'évêque de Noyon et le mien était de vous aller

1 Notre ambassadeur à Rome écrivait, dès le mois de juillet, au ministre secrétaire d'État : « Le pape m'a demandé s'il n'y avait point d^espérance de retour pour M. Tarchevêque de Paris; j'ai répondu quMl n'était question que d'attendre les circonstances ; dès qu'elles seraient arrivées. Sa Sainteté pouvait s'en rapporter au zèle du roy qui ne désirait pas moins vivement qu'Ëlle de mettre fin à l'exil de M. l'archevêque de Paris et de le faire revenir dans son siège. » (Archiv. des affaires étrangères, loc. cit.)

^ Loc. cit., p. 51.

• Fascicule du l*' novembre 1764, p. 163.

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