‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 82 sur 348 · DISCOURS DE LEVEQUE DE CAHORS · texte numérisé non relu

DISCOURS DE LEVEQUE DE CAHORS

abstention pour que l'évêque de Cahors, Bertrand-René du Guesclin, se décidât à en référer au jugement de l'Assemblée. Je copie textuellement ses paroles qui sont toutes à la louange de Christophe de Beaumont :

« Messeigneurs et Messieurs,

« H n*est, je crois, plus possible de garder le silence sur les obstacles qui nous privent de la présence de Mgr l'archevêque de Paris. Jusqu^ici ce prélat s'est constamment opposé aux démarches que plusieurs de mes confrères et moi voulions faire, pour lui procurer une liberté que les droits les plus sacrés semblent réclamer; mais, quelque forte que soit sa résistance et quelque déférence^^que ses vertus puissent nous inspirer, des motifs d'un ordre supérieur nous obligent enfin de vous proposer de porter au pied du trône les vœux que je présume, avec confiance, être unanimes à cet égard dans l'Assemblée. Je pense, Messeigneurs, que Tédification publique exige cette démarche de notre part, et que nous nous la devons également à nous-mêmes.

« En effet, tout le monde est instruit des raisons qui éloignent Mgr l'archevêque de Paris de nos assemblées. On est étonné, à juste titre, qu'un évêque dans son diocèse n'ait pas la liberté d'assister aux délibérations qui s'y prennent en matière de doctrine ; on est encore plus surpris de l'inaction de l'Assemblée à ce sujet. Nous devons donc édifier le public.

« Je dis, en second lieu, que nous nous le devons à nous-mêmes. Un évêque est le juge naturel et ordinaire de la foi dans son diocèse : c'est sur ce principe que le

PROJET d'un appel AU ROI. 119

Clergé de France a toujours reconnu, dans l'évêque diocésain, le droit d'assister aux assemblées du Clergé, surtout lorsqu'on y traite des matières spirituelles. Nos annales en font foi. Or, Mgr l'archevêque de Paris n'ayant pas la liberté de paraître au milieu de nous, lorsque nous délibérons sur l'enseignement que nous devons aux fidèles, les droits sacrés de l'épiscopat ne sont-ils pas visiblement compromis dans sa personne f Je sais, Messeigneurs , que ce n'est pas une défense expresse qui a été faita à Mgr l'archevêque de Paris ; mais le conseil d'un souverain étant ordinairement regardé comme un ordre, il est vrai de dire que la liberté du prélat est gênée.

« D'après ces réflexions, Messeigneurs, j'ai à vous proposer d'écrire, au nom de l'Assemblée, une lettre au roi, pour supplier Sa Majesté de vouloir bien révoquer un conseil qui ne peut être regardé que comme l'effet de la surprise faite à sa religion ; de rendre une entière liberté à un prélat qu'il honore à juste titre de son estime, et enfin de trouver bon qu'il assiste à nos délibérations.

€ La bonté du roi, sa justice, son amour pour la religion et pour les droits de l'épiscopat, tout semble nous répondre du succès de notre démarche; et un de MM. les agents généraux pourrait être député auprès de Sa Majesté pour lui porter cette lettre. Je supplie l'Assemblée de vouloir bien délibérer sur cette proposition ^ »

Vivement impressionnés par ce discours, les mem-

1 Séance du 13 juillet, p. 157.

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