‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 99 sur 348 · SON DÉVELOPPEMENT EN FRANCE · texte numérisé non relu

SON DÉVELOPPEMENT EN FRANCE

Ce fut à runanimité , lisons-nous dans les procèsverbaux officiels, que les prélats réunis dans la capitale^ « également pénétrés du profond respect et de la vénération qui ne sont pas moins dus aux vertus éminentes de Sa Majesté qu'à son rang auguste », résolurent « d'établir dans leurs diocèses respectifs la dévotion et l'office du sacré Cœur de Jésus, et d'inviter par une lettre, circulaire les autres évêques du royaume à en faire de même dans les diocèses où cette dévotion et cet office n'étaient pas encore établis* ».

Déjà, sans doute, une dévotion qui répondait si bien aux plus nobles aspirations de la piété catholique s'était rapidement accrue durant les dernières années du xvn^ siècle, surtout en France, grâce à la généreuse initiative du P. Jean Eudes, de très sainte mémoire. Elle n'avait fait que se répandre davantage encore, à la suite des révélations de la bienheureuse Marguerite-Marie, depuis que la Compagnie de Jésus se servait, pour la

propager, dé toute l'influence de ses divers ministères. De 1670 à 1720, la Vieuville à Rennes, Brienne à Coutances, Médavy à Rouen; plus tard, Grammont à Besançon, Villeroy à Lyon, Belsunce à Marseille, avaient établi une fête ou inséré dans le missel diocésain une messe propre en l'honneur de ce Cœur sacré. Les évêques des pays limitrophes, émus à la nouvelle de l'horrible peste qui venait de désoler la Provence, s'étaient empressés d'imiter ces grands exemples. En 1734, on comptait plus de quatre cent vingt confréries du Sacré- Cœur, toutes établies d'après des brefs particuliers. Paris semblait n'attendre que l'épiscopat de Christo-

1 Session du 17 juillet 1765, p. 149.

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