‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 131 sur 401 · MÉCONTENTEMENT DE LA SECTE · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DE LA SECTE

Ces deux lettres, que Beaumont prit soin d'envoyer à tous les évêques de France, dérangeaient manifestement la tactique du parti. Nombre de prélats, parmi lesquels il convient de citer au premier rang le saint évêque d'Amiens, s'étaient hâtés en effet de communiquer à leur clergé «l'édifiante rétractation^ » du jésuite, et Ton eût dit qu'ils s'entendaient pour la faire contraster, à son avantage, avec « l'orgueil opiniâtre et l'étrange endurcissement » des réfractaires jansénistes ^.

Grande cofere dans le clan de ces révoltés. Ce n'est pas assez pour eux de crier sur les toits que la rétractation est insuffisante, tardive, hypocrite : ils cherchent à répandre le bruit que Beaumont n'a « hasardé » sa lettre que par pure politesse pour lé P. Pichon et ses confrères ; qu'elle n'est, à vrai dire, qu'un thème composé d'avance par les Jésuites eux-mêmes, et que l'archevêque a eu la complaisance de la signer uniquement pour leur faire sa cour. D'autres veulent que la rétractation ait été rédigée de conserve avec l'évêque Boyer et le cardinal de Tencin, transcrite et signée par le P, Pichon, pendant que Beaumont improvise un court mandement pour lui servir d'enveloppe. « Je ne donne pas ce fait

1 Les jansénistes ne pardonnèrent jamais à Mgr de La Motte, en particulier, ce mot « d'édifiante rétractation. » {Nouvelles de 1748, p. 98.) — Quanti à la lettre de Mgr de Paris, il n'est sorte de vétilles qu'ils n'aient épluchées dans ce mandement que Luynes trouvait, au contraire, «fort court, forl gage et fort bien écrit. » {MémoireSy t. VIII, p. 457.) — C'est ainsi, par exemple, qu'on lui reproche de dire scellement ; Mes frères, au lieu d'imiter ses collègues qui écrivent : Mes très-chers frères; ou encore : Noiu vous enjoignont^ au lieu de prendre exemple sur saint Paul, qui emploie le terme : Je vou» conjure (Cf. les Sarcelades, t. II, p. G6).

' « Le résultat de la plupart de ces mandements est de condamner, non pas la doctrine entière, mais certaines propositions outrées, et en même temps d'approuver, en général, la fréquentation des sacrements pour l'opposer à la morale rigide des jansénistes à ce sujel. » (Barbier, t. IV, p. 285.)

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