NOUVEAU REFUS DE SACREMENTS
pourroit être une nouvelle semence de division. A quoi voulant pourvoir, etc.. *.
Ces deux arrêts du 27 juillet et du 1^' août, en déconcertant l'échauffourée, ne devaient cependant apaiser que pour quelques jours des animosités trop fortement aigries. Je passerai sous silence les procédures analogues qui se succédèrent dans le courant de 1750, en me bornant à constater que le langage royal n'y parut point aussi ferme, comme si Louis XV avait eu hâte de s'essayer au système équivoque de bascule qui va bientôt mettre en péril et l'autorité et la monarchie. J'arrive au fait le plus saillant de l'année qui nous occupe ^.
Le 29 décembre, toutes Chambres assemblées, un conseiller aux Enquêtes dénonce un nouveau refus de sacrements. C'est encore le P. Bouettin qui se trouve en cause, mais le patient cette fois n'est autre que ce même Coffîn du Châtelet qui naguère avait soulevé des tempêtes à l'occasion de la mort de son oncle.
Dangereusement malade à son tour , Coffin réclame du curé de Saint-Étienne le Viatique et TExtrême-Onction. Refus motivé de Bouettin. Trois réquisitions successives, ordonnées par le sieur d*Argouges, lieutenant civil, n'obtiennent aucun résultat. Un huissier de la Cour intervient ; mais le curé déclare qu'il ne se reconnaît
1 Extrait des registres du Conseil d'État (arrêt du le*" août 1749).
* C'est le 30 août 1750 que, le" chapitre de Saint-Maur des Fossés ayant été réuni à Saint-Louis du Louvre, Beaumont disposa des reliques de Saint- Maur en faveur de l'abbaye de Saint-Germain des Prés. La translation se fit avec un grand éclat, de la chapelle supérieure de l'archevêché où les reliques étaient en dépôt, au sortir du Te Deum chanté à Notre-Dame pour l'accouchement de la dduphine (Cf. Barbier, t. IV, p. 464).
FERMETE DE BOUETTIN. 171
pas justiciable du Parlement pour le fait dont il s'agit. Mandé alors d'office pour comparaître à la barre devant les Chambres réunies, et sommé de décliner en présence de la Cour les motifs de sa résistance , Bouettin .se contente de répondre au premier président : « J*ai rendu compte à Mgr l'archevêque, mon supérieur , des raisons qui m'ont déterminé selon ma conscience ; si Mgr l'archevêque m'ordonne d'administrer les sacrements à M. Coffin, j'obéirai sur-le-champ. »
Les magistrats étaient piqués au vif. En vain ils sollicitent une explication plus catégorique : « Je n'ai point d'autre réponse à faire, réplique tranquillement Bouettin, et j'attendrai les ordres de mon supérieur. » On le fait alors retirer un instant, puis, sur les conclusions des gens du roi, d'Ormesson de Noiseau, premier avocat général, propose de s'arrêter aux résolutions suivantes : le curé de Sàint-Étienne du Mont sera constitué prisonnier dans la conciergerie du palais et mis au secret pour y subir un interrogatoire ultérieur; l'archevêque de Paris sera invité, d'autre part, à pourvoir sans délai à l'administration du malade.
J'ai peine à croire que les conseillers-clercs se soient joints à leurs collègues pour ratifier, dans ces conditions, la prise de corps décrétée contre le P. Bouettin. Telle était toutefois l'exaltation des esprits que le Parlement opina pour rester assemblé, sans s'occuper d'autre affaire, jusqu'à satisfaction complète.
Le Journal de Barbier, prolixe outre mesure à cet endroit, reflète bien cependant les diverses phases d'une aff*aire pour laquelle l'auteur est allé prendre langue en bon lieu. « Tout le monde, dit-il, est curieux de la suite de cet événement qui compromet le Parlement d'un