LES RECORS AU COUVENT
dentelle de ce nouveau conflit, était revenue à la santé et demandait, par acte passé devant notaire, que le Parlement voulût bien ne pas donner suite à sa plainte, attendu qu*elle avait l'espérance de se présenter bientôt à la paroisse pour y faire ses dévotions. Mais ce n'était pas le compte de ceux qui exploitaient, au profit de leurs rancunes contre Beaumont, le dernier soupir d'une mourante.
Pendant qu'ils délibèrent sur la tournure inattendue que vient de prendre cette espèce de comédie, on apprend que les recors de M. d'Argenson ont pénétré le soir dans la communauté de Sainte- Agathe et, par ordre du roi, fait monter la convalescente dans une chaise à porteurs, pour la transférer en l'abbaye de Port-Royial. Cinq jours après, le vendredi 29 décembre 1752, une lettre de cachet enjoint aux autres dames de renvoyer les pensionnaires chez leurs parents et de vider elles-mêmes la maison qu'elles occupent.
Les fervents du jansénisme sentirent le coup porté à cette chère pépinière de la secte. Mais si le Parlement y vit prétexte à formuler de nouveaux griefs, n'abusait-il pas un peu des termes, lorsque, dans son adresse du 3 janvier 1753, il parlait sérieusement au roi de « la consternation générale » qu'avait répandue dans Paris l'enlèvement de sœur Perpétue ? Louis XV, déjà plus que molesté par diverses expressions malsonnantes, répondit en quelques mots fort secs ; puis, se tournant avec brusquerie vers le président Maupeou : « Quant aux ordres que j'ai jugé à propos de transmettre, je ne croyais pas, Monsieur, que vous eussiez osé m'en parler. »