‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 297 sur 401 · NAISSANCE DU COMTK D^ARTOIS · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU COMTK D^ARTOIS

curés de Paris, la Sorbonne, les supérieurs des diverses communautés étaient accourus à l'archevêché pour féliciter Christophe de Beaumont. Le chapitre métropolitain lui apportait ses vœux avec le cérémonial des plus grands jours, et le prélat daignait faire au compliment du doyen une de ces réponses exquises où l'on retrouve tout son cœur^

Le 9 octobre, fête de saint Denis, il officiait solennellement-à Notre-Dame, au milieu d'une foule considérable que la sympathie n'attirait pas moins que la curiosité. Le soir même, à huit heures et demie, tandis que l'archevêque se disposait à commencer avec son chapitre les oraisons des quarante heures, un courrier lui apporta dans l'église ce pli du roi :

Mon Cousin, la durée du bonheur de mes sujets étant l'objet de mes vœux les plus ardents, tous les événements capables de le perpétuer excitent en moi les sentiments que mérite un peuple toujours empressé à me donner des marques de son zèle, de sa fidé-. lité et de son amour. Les Princes dont il a plu à Dieu de combler mes souhaits assurent la tranquillité de mes États. Celui dont ma très chère fille la Dauphine vient d'être heureusement délivrée est un nouveau don de la Providence; et c'est pour lui rendre les actions de grâces qui lui en sont dues que je vous fais cette lettre, pour vous dire que mon intention est que vous fassiez chanter le Te Deum dans l'église métropolitaine de ma bonne ville de Paris, au jour et à l'heure que le Grand Maître ou le Maître des cérémonies vous le dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, mon Cousin, en sa sainte et digne garde. — Écrit à Versailles, le 9 octobre 1757. Signé, « Louis. »

i « Urbanissime ac humanissime, )> lisons-nous dans le procès-verbal. Les chanoines s'étaient rendus auprès de rarchevêque en tenue de fête et avec le cortège officiel des grandes cérémonies : « Priecedentibus duobus helvetiis. '» [Begist. capitul.^ loc. cit.)

MANDEMENT DE l'ARCHEVÊQUE. 395

Christophe de Beaumont entonne aussitôt quelques prières d'actions de grâces, donne la bénédiction du très Saint-Sacrement et rentre dans son palais, pendant que les cloches sonnent à toute volée et que gronde au loin le canon des Invalides.

Le nouveau prince recevait alors ce nom de comte d'Artois, dans lequel on a voulu chercher une sorte de consolation offerte à la province dont le scélérat Damions était originaire, mais-^ui fut en réalité l'hommage sollicité par une auguste princesse à la mémoire de saint Louis et au souvenir de son frère, Robert d'Artois ^

Que de déceptions et d'espérances tour à tour subies ou entretenues, depuis le jour où Christophe de Beaumont écrivait sur le berceau de l'enfant qu'on appellera plus tard Charles X !

Son tiône (celui de Louis XV) était affermi par. trois jeunes Princes, dont l'heureuse naissance a été l'objet de nos chants d'allégresse. Le Seigneur ajoute à tant de bienfaits : il fait naître un nouveau rejeton de cette tige féconde; il donne encore un appui au trône, et par là, suivant la pensée du prophète, il cimente de plus en plus lai paix d'Israël ; il assure le repos des peuples et la tranquillité de l'Europe ; il multiplie les héritiers du sang de saint Louis ; il fixe invariablement dans cette race protégée du ciel les destinées de cet empire. Ne semble-t-il pas que le Très-Haut répète, pour le bonheur de notre patrie, ces promesses consignées dans Ezéchiel : « Ils habiteront la terre que j'ai donnée à mon serviteur Jacob , ils la posséderont et ils en transmettront l'héritage à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants. La'T^ace de mon serviteur David les gouvernera dans tous les siècles, et je contracterai avec eux une alliance éternelle'^. »

1 Cf. Luynes (l. XVI, p. 205).

'Mandement du 20 octobre 1757.

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