‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 301 sur 401 · APPEL AU PARLEMENT · texte numérisé non relu

APPEL AU PARLEMENT

Christophe de Beaumonfc n'avait plus à s'occuper de répondre à une pareille mise en demeure. Trois jours après, on lui annonça la visite de deux notaires de Paris, Billehue et Langlard, chargés de notifier le réquisitoire du couvent. Il n'y était rien moins que « très humblement supplié et requis », voire « très respectueusement sommé et interpellé » de commettre un ecclésiastique docte et vertueux pour présider à l'élection de la supérieure et des officières.

Le cas paraissait déjà assez étrange; il fallut encore que le Parlement s'en mêlât. Deux sommations de sa part étant restées sans effet , il fut d'abord question pour l'archevêque d'une amende de deux mille écus ; mais le procureur général du roi ayant préféré recourir à l'appel comme d'abus , la Cour rendit un troisième arrêt dont voici la conclusion :

... Ordonne que, dans demain, les religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, du couvent du faux-lA)urg Saint-Marcel , s'asserableront capitulairement en la manière accoutumée, en présence de M® du Trousset d'Héricourt, conseiller-clerc en la Cour , que la Cour commet à cet effet; pour par lesdites religieuses présentes à l'assemblée, choisir celles qu'elles jugeront les plus capables défaire les fonctions de supérieure et des autres officières de la maison ; lesquelles religieuses ainsi choisies exerceront par provision lesdites fonctions, jusqu'à ce que l'Archevêque de Paris ait rempli, pour ce qui concerne les élections, ce qu'exige de lui sa qualité de supérieur dudit couvent; ou qu'en cas de refus persévérant de sa part, il y ait été par la Cour autrement pourvue

Le jour même , l'archevêque répliquait par une

1 Cet arrêt ost du 3 septembre 1756. Les sommations étaient du 27 et du 31 août.

0RD0N1SA.NCE DK l'aKCHEVÊQUE. 401

ordonnance qui fut signifiée, sans retard, aux parties intéressées :

...Nous faisons très expresses inhibitions et défenses aux religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, établies rueMouffetard, faubourg de Saint-Marcel , à Paris, de procéder au choix et nomination d'une supérieure et des officières dudit couvent de la Miséricorde de Jésus, ni de faire aucune élection à cet égard, sans avoir préalablement rempli les formalités portées par leurs Constitutions, et sans y avoir été autorisées par nous ; et ce, sous peine d'excommunication encourue par le seul fait. — Donné à Gonflans, le 3 septembre 1758.

^^ ^ Christophe, archevêque de Paris.

Tandis qu'un nouvel appel comme d'abus frappe encore cette ordonnance, les religieuses, aussi mal conseillées que possible, osent bien s'autoriser d'un pareil acte d'empiétement pour recourir à leurs élections, s'imaginant qu'elles ont mis leur conscience en repos par le fait seul qu'elles suppriment le cérémonial . accoutumé.

Vainement six d'entre elles protestent, quittent la salle et se retirent au jardin ; un arrêt du 7 septembre déclara cette opposition nulle et la nomination provisoire valable. Après quoi, madame de Saint-Julien (en religion sœur Félicité), élue supérieure par intérim , eut le bon goût d'envoyer le comte de Senneterre, son neveu, pour assurer le prélat « de leur soumission sincère à son autorité » et le supplier de l'exercer à leur égard, « en les mettant en état de faire sous ses ordres une élection définitive ». On ne saurait être mieux ferré sur son Quesnel.

Et cependant, au dire de Barbier, si bien des gens

BEAUMONT, I. 2ti

Page 1