PRÉTENTIONS DU PARLEMENT
mais il en fit aussitôt son principal auxiliaire et son commensal habituel, car ce devait être chez lui, dès le premier jour de son épiscopat , « un parti pris de ne se servir de personne qui ne fût extérieurement et intérieurement soumis à la Bulle. » Ce sont les jansénistes eux-mêmes qui soulignèrent le mot. Ils blâmaient l'archevêque d'avoir hautement déclaré « qu'il ne souffrirait pas des gens qui, en acceptant et en signant la Bulle, conservaient dans le cœur les sentiments que la Bulle condamne*. »
Cette déclaration, du reste, ne faisait qu'appuyer, sans égard aux arrêts du Parlement, les récents Avis de l'évêque d'Amiens qui enjoignaient, avant d'administrer le Viatique, de s'assurer que le malade acceptait « comme règle de foi » la constitution Unigenitus. Supprimé par édit sévère de la Cour, en date du 7 janvier 1747, ce mandement de Mgr de La Motte n'en suscita pas moins de nombreuses adhésions qui fortifièrent le cœur du vertueux prélat. Beaumont ne pouvait être le dernier à trouver étrange ce contrôle de l'autorité séculière , qui prétendait interdire aux évêques le droit d'être seuls juges de la conduite à tenir dans la dispensation des sacrements. Bien loin d'avoir subi en cette rencontre l'influence « des préventions passionnées de M. Boyer 2, » il fut, au contraire, un de ceux qui n'approuvèrent point
1 Nouv. ecclés. de 1748, p. 111. — Nous ne pouvons mieux justifier le choix de Beaumont qu^en transcrivant le témoignage que rendront à Urvoy, bien des années plus tard, ses collègues du chapitre ;. « Quippe qui integritate suavilateque morum, pietate non ficta, sanioris doctrinœ studio et omni. quse prsestantissimum ac vere sacerdotem virum deceat, virtule fuerlt semper ornatissimus, quique... canonicatus et praecentorise munia diu noctuque viribus indefessis ac summa cum laude numquam non obierit. »
* Ihid., p. 139.