RÉSISTANCES ÉPISCOPALES
que l'administrateur des aflfaires ecclésiastiques du royaume, tout en engageant Mgr de La Motte à se consoler de Thumiliation de sa condamnation, tout en lui donnant des conseils sur les moyens à prendre pour atténuer la portée du coup, eût laissé entendre dans sa lettre que Févèque d'Amiens «n'aurait pas dû rendre public son Avis^, »
Le prélat condamné, qui voyait dans l'arrêt de la Grand'Chambre moins une flétrissure pour sa personne qu'une injure faite à l'autorité de l'Église, se crut obligé de ne rien omettre pour en obtenir l'annulation. H confia la cause à son ancien protecteur, le cardinal de Tencin, ministre d'État, lequel rencontra un précieux point d'appui dans Beaumont et Boyer , deux hommes dont les liaisons pour le bien devenaient de plus en plus intimes et fréquentes.
De leur côté, les gens du roi, auteurs du réquisitoire prononcé contre Mgr de La Motte, s'employaient activement à conjurer la cassation de leur arrêt. On promit à Versailles de leur épargner cette avanie; maison exigea que le Parlement offrît à l'évêque d'Amiens une sorte de réparation. Ce n'était pas le jeu des jansénistes. Ils dirigèrent dans leur journal des articles si violents que, sur les conclusions des gens du roi, deux de ces feuilles furent condamnées à être lacérées et brûlées par la main du bourreau.
Le plus piquant de l'aventure fut que l'avocat général, Lefèvre d'Ormesson, le même qui avait naguère supprimé le mandement de l'évêque , se vit contraint d'exécuter dans le nouvel arrêt une volte-face des mieux
ï Histoire de M. de La MoUe^ par Tabbé Delgove, p. 314.