‹ Christophe de BeaumontChapitre 118 sur 368 · SOUHAITS DE BIENVENUE · texte numérisé non relu

SOUHAITS DE BIENVENUE

la chapelle de Versailles : bien des vœux appelèrent les bénédictions du ciel, ce jour-là, sur Louis de France et Marie-Josèphe, jeunes et intéressants époux que Dieu destinait â se survivre, contre toute attente, dans la personne de trois fils... de, trois rois.

Le lundi matin, 13 février, Christophe de Beaumont était reçu, avec une distinction marquée, dans la réunion des prélats et autres députés du royaume, qu'on avait admis, la veille, à l'audience de Louis XV, de la reine Marie Leckzinska et du dauphin. Tous se levèrent à son entrée dans la salle des Grands- Augustins, et l'archevêque de Tours lui souhaita la bienvenue par ces flatteuses paroles :

C'est avec une extrême satisfaction. Monseigneur, que FAssemblée du clergé vous voit prendre séance parmi nous. Dans tous les temps, elle avait été portée à reconnaître à la place que vous occupez si dignement toute sorte de devoirs ; mais les hommages qui naissent du cœur, du penchant, du zèle, de l'attachement, de la confiance, vous étaient personnellement réservés. Elle ne les doit, elle ne les donne qu'à des qualités et à des vei^tus semblables aux vôtres. Pénétrée de ces sentiments, l'Assemblée vous invite par naa voix, — une voix qui vous est connue depuis longtemps^ ^ — à l'honorer souvent de votre présence, aussi souvent du moins que vos importantes occupations pourront vous le permettre. Elle se montrera toujours très empressée à profiter de vos lumières, de votre expérience, de votre prudence, de la justesse de votre esprit, de la droiture et de l'élévation de toutes vos vues. »

Certes, l'éloge est complet. Ajoutons que jamais éloge ne fut mieux justifié, car il n'avait pas fallu de longs mois aux familiers de l'archevêque de Paris pour recon-

1 Allusion transparente au sacre de Mgr de Beaumont, en 1741, par ce môme archevêque de Tours.

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naître sa merveilleuse facilité et sa promptitude sans égale dans l'expédition des affaires; pour apprécier, entre autres mérites, la richesse d'un esprit très orné, rempli des connaissances propres de son état, et si parfaitement versé dans une étude approfondie du droit, que des avocats célèbres ne craindront -pas d'avancer, plus tard, qu'en fait de jurisprudence « il en savait autant qu'eux^. » Nous aimons à consigner dès à présent quelques-uns de ces témoignages sur lesquels nous aurons à revenir, en vue principalement de protester coTitre une classe d'écrivains, trop fidèles échos des philosophes du dernier siècle, qui volontiers accordent des vertus à Beaumont, pour lui refuser arbitrairement toute autre intelligence que celle du « fanatisme. » Riche de son propre fonds, il ne saurait, sans injustice, être rangé au nombre de ces médiocrités honnêtes dont un ancien disait : « Elles sont plus recommandables par le talent d'autrui que par le leur^. »

La réponse que le digne 'prélat dut faire à l'archevêque de Tours est marquée d'un caractère de simplicité qui imprime du relief à sa modestie.

Je connais trop le prix de la grâce que la Compagnie a bien voulu m'accorder, pour ne pas lui en témoigner ma reconnaissance ; mais, quelque expression que je puisse donner à mes sentiments, elle ne répondra jamais ni à leur étendue ni à leur vivacité. Je souhaite, en effet, que mes occupations me permettent souvent de venir m'instruire au milieu de votre Assemblée, car j'ai plus que personne à profiter de ses lumières. Cet avantage toutefois, si précieux qu'il puisse être, sera moins intéressant pour mon cœur que la satisfac-

ï Cf. Lettre à un ami de province (loc. cit.).

*Alieno plerique ingenio magis quam suo commendanlur. (Plin., Hist. nat.j l. XXXIV, c. xix.)

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