APPROBATIONS. XVII
affronter les vaines fureurs, heureux qu'il était de sentir sur ses fortes épaules le poids du Fils de Dieu, dont il soutenait la cause et les immortels intérêts.
Et tandis que les parlements d'un côté, Rousseau et Marmontel d'un autre, s'unissaient pour dénaturer les intentions du vaillant archevêque; tandis que Louis XV, endormi dans ses débauches, ne savait même pas défendre celui qui, en combattant pour l'Église, travaillait par cela même à éloigner le ftéluge, trop facile à prévoir, qui devait bientôt emporter et le trône de France et la monarchie des fils de saint Louis ; Mgr de Beaumont, compris, aimé, soutenu, encouragé par les cœurs vraiment fidèles à leur religion et à leur prince, était l'instrument, choisi de Dieu, pour décider une fille de la maison de France à jeter dans la balance des divines justices, comme contre-poids aux fautes de son père et de son temps, le sacrifice de sa liberté et de sa vie !
Quelle belle histoire, et comme il sera doux de la relire maintenant, telle que vous allez nous la raconter, avec l'aide de toutes les recherches par lesquelles vous l'avez éclairée !
Mgr de Beaumont avait ordooné prêtre, dans la chapelle de l'archevêché de Paris, le dernier de mes grands-oncles. Je me regarde donc comme obligé envers sa mémoire ; et je souhaiterais que, grâce à vous, les leçons d'une telle vie pénètrent de plus en plus mon âme et m'amènent à suivre de loin les exemples de cet évêque^ si digne de son rang et de sa mission par l'élévation des sentiments, la délicatesse du cœur et l'énergie indomptable de la volonté.
Croyez, je vous prie, mon Révérend Père, à mon dévouement affectueux pour vous, pour votre Compagnie, si chère à tous les gens de bien ; et veuillez agréer, une fois encore, mes compliments bien sincères avec l'assurance de ma gratitude et de mon respect.
Votre très humble serviteur en Notre- Seigneur,
f Fr. MARTE-ANATOLE, évêque de Montpellier,