‹ Christophe de BeaumontChapitre 122 sur 368 · BEAUMONT ET LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

BEAUMONT ET LES JÉSUITES

grimés d'un faux dehors d'orthodoxie, et dont on a écrit de nos jours qu'ils représentaient « un catholicisme sans soumission et un protestantisme sans courage^. » En vain l'humble prélat refusa-t-il de se croire désigné au premier rang de ces athlètes de la foi que l'orateur disait avoir sous les yeux, vaillants lutteurs dont l'infatigable vigilance et les fermes exemples défendaient la pureté de la doctrine contre l'envahissement des nouveautés ; les jansénistes ne s'y trompèrent point, et oe fut désormais chose commune de lire, dans leurs feuilles, que M. de Beaumont était décidément inféodé à la Compagnie de Jésus. « Ou M. l'archevêque de Paris, écrivaientils, né connaît pas bien les Jésuites, ou. s'il les connaît, s'il connaît l'esprit de leur société, il les aime tels qu'ils sont. »

Non, ce n'était pas sans les connaître qu'il les aimait ; il les aima bien plus encore dans la suite ; mais un incident de quelque importance, qui prit tout à coup des proportions exagérées, va nous montrer que son affection n'avait rien d'inconsidéré ni d'aveugle. Nous en parlerons bientôt. Résumons d'abord, pour cette même année 1747, les événements qui touchent par un côté plus accidentel à la vie que nous racontons.

L'Assemblée du clergé venait à peine de se dissoudre, qu'une affligeante nouvelle remplit de deuil le cœur si délicatement affectueux du vénéré prélat. Madame de Beaumont, sa mère, qui, malgré le fardeau de ses quatre-vingts ans, ne laissait pas de paraître encore assez allante, s'était paisiblement endonnie, le 17 mars 2, du

1 La monarchie française au XVI 1I« siècle, par le comte de Carné, p. 409. * l'Histoire généalogique indique à tort le 17 avril.

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