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UNE IDYLLE A SAINT-CYR

Avant de s'engager dans la campagne, Louis XV, désireux de donner à Beaumont une preuve nouvelle do son estime, lavait promu, le 21 mai, commandeur de Tordre royal du Saint-Esprit *. Il lui associait, avec Mgr de Saulx-Tavanes, archevêque de Rouen, ce même abbé d'Harcourt qui venait de résigner son décanot de Notre- Dame ^. Lorsque Beaumont se rendit au château de Versailles pour remercier le roi, il y obtint une audience de la dauphine qui se faisait une fête de sa prochaine entrée à Paris. Nous avons raconté ailleurs avec quelle dignité le noble archevêque harangua cette princesse, dans la journée du 27 juin 1747, aux portes de la métropole ^.

Confiante et naïve Marie- Josèphe ! Elle était tout entière encore à Tidylle que venaient de lui chanter les demoiselles de Saint-Cyr ; peut-être murmurait-elle ces vers de leur cantate à saint Louis :

Que tout favorise Les augustes nœuds Par qui s'éternise Ton sang glorieux !

1 Voir Mémoires du marquis de Breteuil, pour le cérémonial de Tordre du Saint-Esprit (Mss. de la Bibliotli. nation.; — fbnds français, 8209).

* La cérémonie n'eut lieu que le l^r janvier 1748. Ce fut pour celte solennité que Mgr de Beaumont fournit ses titres les plus authentiques de noblesse : il produisit « treize degrés de filiation suivie, » en attendant de plus amples découvertes. On conserve au château de La Roque une grande pancarte généalogique, fort curieuse, qui fut dressée à cette occasion (Voir quelques extraits de la preuve dans VHist. généalog., t. II, p. 416). — L'abbé de Pomponne, chancelier, ayant rendu compte des pièces testimoniales, le sieur de Perseville, huissier de Tordre, fit entrer les prêtais qui attendaient dans la chambre du roi. La procession se mit alors en marche jusqu'à Téglise* brillamment parée. Christophe de Beaumont, qui occupait la place d'honneur, prononça le serment d'usage avant la messe , tant en son nom qu'au nom de Tavanes et d'Harcourt : un article du Statut porte, en effet, que le prélat dans le diocèse duquel a lieu la cérémonie de réception doit avoir, quoiquo moins ancien, le pas -sur tous les autres (Cf. Breteuil, loc. cit.).

* Voir, pour les détails, La dauphine Marie- J os èplie de Saxe, p. 41.

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