‹ Christophe de BeaumontChapitre 127 sur 368 · LE JANSÉNISME A LA COUR · texte numérisé non relu

LE JANSÉNISME A LA COUR

D'un hymen si doux Tes neveux attendent Des rois qui les rendent Heureux comme nous^..

Mais l'archevêque de Paris voyait l'horizon moins en rose. Une confidence de Mgr de Luynes, premier aumônier de la dauphine. l'avait alarmé. Ce jansénisme, auquel la cour tenait volontiers rigueur, travaille à se faufiler diàcrètement près des jeunes époux, sous le couvert de plusieurs dames du palais, attachées au service de Marie-Josèphe -. Les gens de « la cabale » s'aperçoivent vite qu'ils sont pénétrés; ils se rabattent sur la personne de l'archevêque, et commencent dès lors à le traquer dans chacun de ses actes, dans ses démarches les plus inoflfensives.

Les choix qu'il fait, on les attaque ; les interdits qu'il prononce, on les censure. S'il s'abstient de telle réunion publique où il n*a personnellement rien à voir, on le soupçonne d'être chatouilleux sur l'étiquette; s'il se montre facile aux invitations fréquentes des familles religieuses, on trouve qu'il s'y prodigue trop. Que dirai-je/ On va jusqu'à le taxer d'ingratitude envers l'Université de Paris qui inaugurait, cette année même, sa première distribution des prix pour le concours général.

Fondée par les libéralités de feu Louis Le Gendre,

1 Idylle de Saint-Cyr, pour M™e la Dauphine, par M. l\oi.

* On" peut en deviner quelque chose par ce qui est dit dans les Mémoires de Luynes^ t. VIII, p. 374. — Proyart raconte pareillement les manœuvres tentées, dès l'arrivée de Marie Leckzinska en France , pour gagner à la secte celle jeune reine et placer par elle le jansénisme sur le trône. Voir, en particulier, ce qu'il révèle de la mort étrange du duc d'Anjou, provoquée par la terre du tombeau de Paris, dont on assaisonnait secrètement ses potions de malade. (Fie de Marie Leckzinska^ liv. IV.)

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