L* ARCHEVÊQUE DE TOURS
tout une personne « de son caractère et de sa dignité ^ » L'incident, qui avait déjà trop duré, paraissait définitivement clos : les jansénistes s'obstinèrent à le rouvrir, sous prétexte que le pichonisme (c'était leur mot) perdait rÉglise et la foi. Christophe de Beaumont eut la douleur de voir un homme, qu'il avait toujours entouré de respect et d'affection, donner subitement des gages au parti. Ghapt de Rastignac, archevêque de Tours, était revenu à la charge par un nouveau iliandement contre le livre désavoué, et le ton qui régnait dans cette pièce laissait croire qu'elle pouvait avoir été composée en un moment « d'indisposition et d'humeur ^. »
Ce qui est certain , c'est que la plume de l'appelant Gourlin fut un instant mise au service de Rastignac pour les deux lettres épiscopales qu'il publia presque coup sur coup ^. Aussi la secte le proclamait-elle déjà un second Caylus, en affectant de placer au rang des chefsd'œuvre la célèbre instruction pastorale sur la justice chrétienne par rapport aux sacrements de Pénitence et d'Euchainstie *. Elle se flattait même de le provoquer, par la fanfare de ses éloges, à l'accomplissement des deux actes qu'on osait surtout attendre de lui : l'interterdiction des Jésuites dans son diocèse et son appel de la Bulle au futur concile.
1 D'Aguesseau écrit de Versailles, à la date du 13 février 1748. On peut lire sa lettre dans le libelle de Jouin qui la reproduit en entier (t. II, p. 106).
' Luynes (t. IX, p. 420). — D'Argenson va jusqu^à dire que Rastignac se montrait mécontent de n'être pas archevêque de Paris {Mémoires^ t. V, p. 489).
* Le premier mandement de Tarchevêque de Tours porte la date du 15 décembre 1747. Les deux instructions sur la Pénitence et la Communion sont de l'année suivante.
* Cette instruction est du 23 février 1749.