‹ Christophe de BeaumontChapitre 135 sur 368 · GAGES DONNÉS AU PARTI · texte numérisé non relu

GAGES DONNÉS AU PARTI

L'archevêque de Tours, grâce à Dieu, était loin de vouloir se compromettre jusqu'à encourager de telles espérances. Néanmoins, les termes peu mesurés dont il s'était servi dans de récentes publications, les senti- Ci ments en désaccord avec la saine doctrine qui perçaient à travers des pages écrites ab irato, les allusions regrettables qu'on voulait y découvrir contre la ferme attitude de l'archevêque de Paris , tout semblait faire un devoir à les collègues dans l'épiscopat de mettre en garde les fidèles confiés à leur sollicitude.

Beaumont, dont le caractère , quoi qu'on en ait dit, répugnait extrêmement aux mesures d'éclat, mais qui ne sut jamais reculer devant une responsabilité quand l'honneur des principes l'exigeait, fit d'incroyables efforts en cette circonstance pour amener Rastignac à rassurer les catholiques sur le compte de son orthodoxie. Aux démarches du charitable prélat qui l'engageait à venir conférer avec lui, en toute intimité, Rastignac (s'il faut en croire Argenson) répondit « sec » qu'il se tiendrait à Tours où il était bien, se targuant d'avoir trente évêques prêts à défendre envers et contre tous la doctrine de son livre K Beaumont, qui n'ignorait pas que plusieurs membres 0 de l'épiscopat étaient, au contraire, sur le point de cen- ^ surer les derniers écrits de Mgr de Tours, désespéra un moment d'empêcher par sa propre intervention l'explosion imminente d'un conflit scandaleux. Il fut toute-

1 Mémoires^ t. V, p. 490. — D'après Feller, l'archevêque de Tours aurait reconnu lui-même que certains passages de ses derniers écrits manquaient de quelque exactitude théologique. Aussi, dans une Lettre à àf. l'ancien évéque de MirepoiXy il se serait exprimé très nettement « sur les objets sur lesquels on l'accusait d'avoir changé de sentiment. »

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