CONTROVERSE REGRETTABLE
fois assez heureux pour obtenir du cardinal de Rohan. ami intime de Rastignac, qu'il se chargeât lui-même de ce bon office.
Le vieux cardinal, brûlé par la fièvre, presque mourant ^ employa ses derniers jours à entretenir, sans grand profit, une véritable correspondance avec l'archevêque de Tours. Le tort réel de ce prélat était de s*entêter à ne point revenir sur certains passages ^ hasardés, qui manquaient d'une pleine*exactitude théologique, et dont l'énoncé rappelait mainte assertion justement frappée de censure. La lettre justifiqptive qu'il écrivit sur ces entrefaites à Mgr Boyer, sembla, il est vrai, ne rien refuser de la satisfaction attendue ; mais Rastignac se donnait encore le tort de faire paraître, presque en même temps, au sujet du libelle dirigé contre sa première instruction pastorale, un écrit composé à la hâte et qui inspirait de nouveau quelques inquiétudes ^.
Les esprits ne pouvaient qu'achever de s'aigrir dans une con troverse où plus d'un amour-propre était en jeil. Elle se dénoua brusquement, le 2 août 1750, par la mort inopinée de Rastignac qui succomba au sortir de table, chez madame d'Aiguillon, alors absente de son château de Véret. Une telle fin attrista beaucoup l'archevêque de Paris, mais sa consolation fut grande quand on lui apprit que le mourant avait demandé pardon en public, affirmant ne point professer d'autre doctrine que la doctrine orthodoxe de la sainte Église. On n'en
ï II mourut bientôt, en effet, le samedi 19 juillet 1749, à l'âge de plus de soixante-quinze ans.
^11 est du 15 novembre 1749.