‹ Christophe de BeaumontChapitre 138 sur 368 · FERMETÉ ET CONDESCENDANCE · texte numérisé non relu

FERMETÉ ET CONDESCENDANCE

De cette inflexibilité de principes on conclurait faussement que l'archevêque de Paris était homme à violer .les lois de la simple équité pour donner licence à de vulgaires rancunes. Un de ceux qui l'ont approché de plus près nous a dit comment « le soupçon seul d'une injustice faisait frémir sa conscience, » au point qu'il eût plutôt « tout sacrifié » que de s'en rendre volontairement coupable^. Rien ici du portrait de convention que nous voyons pourtant rééditer encore, comme l'expression vraie d'un admirable caractère , beaucoup moins étranger qu'on ne croit aux doux tempéraments de la charité.

C'est rester injuste envers cette grande mémoire que d'écrire , au cours d'une étude qui voudrait être impartiale, sinon bienveillante : « Il avait juré d'exterminer le jansénisme et, pour y réussir, tout lui était bon^. » Non, un pareil type de loyauté et d'équité n'obéit jamais à ses instincts de haine aveugle qui poussent brutalement au but, per fas et nefas. Je doute même que Beaumont ait articulé une seule fois, dans le sens odieux qu'on lui prête, cette i)arole qu'il aurait, diton, souvent répétée : Pas de tolérants. Les témoignages ne nous feront point défaut , quand nous aurons à mettre la condescendance qu'il avait pour les personnes en regard de la fermeté qu'il déployait dans les résolutions '^.

1 L'abbé Ferlet, secrétaire de rarchevèque {Eloge funèbre de Christophe de Beaumoni; — Bibl. nation., Ln^'' 1345).

* Revue de France (août 1876, p. 401).

' On admira beaucoup, à ce sujet, la charité dont il tit preuve à l'égard de la duchesse douairière d'Orléans qu'il vint consoler durant sa dernière maladie. Elle s'y montra sensible, et après avoir répondu avec piété sux prières des agonisants que récitîiil l'archevêque : « Je vous suis bien obligée, dit-

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