‹ Christophe de BeaumontChapitre 148 sur 368 · DÉCLARATION DU ROI · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DU ROI

qu'une suite de celle du principal de Beauvais , affaire dont il s'était réservé la connaissance. Le roi, au surplus, désapprouvait d'une manière formelle l'emprisonnement du P. Bouettin , déclarant qu'il saurait pourvoir à maintenir « la tranquillité publique, le respect pour la religion et la subordination légitime due aux ministres de l'Église ^ »

La mercuriale était verte. Elle parut d'autant plus dure à subir qu'elle allait plus directement à rencontre des prétentions de la Grand'Chambre. Aussi le gazetier janséniste est-il forcé d'avouer que ces déclarations du roi répandirent dans l'assemblée une consternation universelle. Nous savons, d'autre part, que le public les accueillit, au contraire, avec une faveur marquée, en signe de réparation , tant la sévérité du Parlement à l'égard du curé de Saint-Étienne semblait excessive. Inutile de dire que la magistrature fut chansonnée à outrance, dans le goût de l'époque, pour avoir couru d'elle-même au-devant des verges qui la châtiaient^.

Dans l'intervalle , le lieutenant civil , qui ne cessait d'aller du malade à l'archevêque et de l'archevêque au malade, finit par convaincre ce dernier que l'unique moyen d'obtenir les sacrements était de se procurer le billet de confession exigé. Ce fut alors que Goffln appela

i Nouvelles de 1751, p. 60.

^ Bappelons ce couplet, sur un air conuu : Vlà & que c'est que d'aller au

bois.

Le parlement en tient, ma foi , Vlà c' que c'est que d'aller au roi.

Il croyait user de ses droits ; Un moine raisonne.

Vite il l'emprisonne.

£t puis il reçoit sur les doigts...

Vlà c' que c'est que d'aller au roi.

(Argenson, t. VI, p. ^23.)^

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