‹ Christophe de BeaumontChapitre 15 sur 368 · AVANT-PROPOS. XXI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XXI

Diderot l'avouera lui-même dans un livre cynique, en parlant de la société qui formait le salon du baron d'Holbach : « On était là très philosophe, fort janséniste et pas du tout chrétien. » Il est à remarquer, en effet, que la secte dont nous parlons avait su mettre au service de la puissance parlementaire cette population parisienne, dont les chroniqueurs du temps affirment « que son goût pour les romans de Grébillon fils ne l'empêchait pas d'adhérer pour plus des deux tiers au jansénisme », forme transitoire de l'opposition religieuse et politique. L'identité des intérêts devait rendre bientôt la sympathie plus vive encore.

Ce sera l'étemel honneur de Christophe de Beau mont d'avoir, dans un siècle d'impiété railleuse et de corruption raffinée, maintenu, au milieu d'une véritable décadence religieuse et sociale, l'intégrité du dépôt de la foi non moins que le. respect jaloux des vieilles mœurs. « Placé sur le siège de la capitale dans des temps difficiles et orageux, il y déploya cette vigueur de caractère, cette fermeté d'âme qui fut dans tous les siècles, et chez tous les peuples, le sceau des grands hommes, et, malgré la chaleur des partis, il mérita le respect et quelquefois l'admiration de ceux mêmes qui lui furent opposés. Quelque nom que l'on ait donné à sa constance et à son inflexibilité, on lui doit cette justice, que jamais l'amour-propre et l'égoïsme ne furent le mobile de sa conduite, et que, lors même qu'il parut aux yeux du monde trop attaché à ses droits, il ne croyait que rem-

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