LA SEMONCE ROYALE
ment se décide à faire une grande démarche auprès du souverain. Le lundi 16 août, une quarantaine de conseillers de la Grand'Chambre et de la Chambre des enquêtes étaient envoyés à Versailles, en députation, pour •tenter de légitimer une conduite qu'ils osaient bien qualifier de sage et de moclé?^ée. Le roi fut sévère dans sa réponse :
La soumission est le premier devoir de mes sujets, c'est à mon Parlement à donner l'exemple de cette loi fondamentale de mon royaume.
Lorsque je lui ai permis de me faire des remontrances sur les édits et déclarations que je lui envoie pour enregistrer, je ne lui ai point donné le pouvoir de les anéantir ou altérer, sous prétexte de les modifier.
Je ne refuserai point d'écouter les représentations qui me seront faites, lorsqu'elles n'auront pour objet effectif que le bien de mes sujets, l'ordre public et l'indépendance de ma couronne.
J'entends que ma déclai'ation du 24 mars dernier soit enregistrée purement et simplement; j'enverrai à cet effet mes ordres à mon Parlement.
Le lendemain de cette semonce, on apporte au Palais l'arrêt du Conseil cassant et annulant toutes modifica- ,tions introduites dsgas l'ordonnance du 24 mars, avec des lettres patentes portant jussion de procéder à l'enregistrement pur et simple. Mais les esprits étaient trop échauffés pour se résigner, sans mot dire, à cet échec. Dans la séance du 20 août, les Chambres arrêtèrent de très humbles et très respectueuses remontrances au roi, dans lesquelles nous lisons ce passage dont l'accent étudié déguise mal la suffisance impérieuse : « La vraie fidélité, la vraie obéissance du Parlement consiste à ne jamais consentir à rien qui soit opposé à l'ordre public,