LE JUBILÉ DE
ment publié à cette occasion eut la singulière fortune de trouver à peu près grâce aux yeux des écrivains du parti. Du moins surent-ils gré à l'archevêque d'avoir insisté sur la sincère conversion, le sincère changement, le sincère repentir, et formulé telle maxime qui passa pour « une réclamation contre le Pichonisme^ » En revanche, d'autres l'accusèrent de « semer le désespoir à pleines mains » dans cette lettre pastorale, et d'y faire « autant de peur de Dieu qu'on avait coutume jusqu'ici d'en faire du diable ^. »
Barbier va jusqu'à reprocher au prélat « d'insulter les Parisiens » en leur imputant « un grand débordement de mœurs. » Et néanmoins, ajoute- t-il, « on n'a jamais tant vu de dévotion que depuis l'ouverture du jubilé. Il y a tous les jours, pour les stations, un concours étonnant de carrosses à Notre-Dame, des princesses de toute la com' et des principaux de la ville, tant en hommes qu'en femmes. » Il est ^rai que, d'après lui, « Tintérieur » peut n'être pas bien sincère, et « qu'il y. aurait une affectation de tous les gêna de qualité dans ce jubilé, par rapport à la circonstance où se trouve le maître^. »
voulu profiter de cette affluence pour élever le prix des ebaises plus qu'il n'était porté par son bail. Le chapitre y mit bon ordre eu faisant afficher deux tableaux avec cette inscription : « Prix des chaises pour toute l'année, même pendant le jubilé, » (Délibération du mercredi 14 avril 17&t.) 1 Nouvelles ecclésiastiques' de t75l, p. 98.
* Journal de. Collé, t. I, p. 304. — Collé part de là pour jeter à l'adresse de l'archevêque toute une hotte de calomnies et d'injures : « C'est ua pauvre sire que ce gentilhomme-là, un esprit court, d'une hauteur et d'une opiniâtreté dont il a donné des preuves dans son affaire avec les administrateurs de l'hôpital; très-pédant, encore plus impérieux, voilà le saint homme, à ce qu'ils disent. > {Jbid.)
* Journal^ t. V, p. 39.