AFFLUENCE DANS LES ÉGLISES
C'était faire allusion aux espérances que Louis XV avait laissé concevoir du prochain éloignement de madame de Pompadour. Déjà même le bruit se répandait qu'on préparait au couvent de l'Assomption un appartement pour la marquise, laquelle devait s'y retirer auprès de sa fille Alexandrine. Mais les remords du roi s'étaient évanouis plus vite encore que ne l'avaient prédit les courtisans : le carême s'écoula, et il n'y eut pour Louis XV ni Pâques, ni jubilé. »
Cependant le peuple continuait à se précipiter en foule dans les églises. Le 12 et le 13 avril en particulier, il y eut une telle afïluence pour les processions jubilaires, que la confusion et l'encombrement parurent extrêmes aux abords de Notre-Dame où quinze paroisses venaient de se rencontrer. On s'étouffait près des portes et bien des pèlerins furent blessés sur le parcours de la métropole à Sainte-Geneviève. En vain les Suisses de la garde du roi, aidés par desr escouades de sergents, s'efforcèrent-ils de rétablir l'ordre dans la marche : le tumulte, augmenté par les embarras d'une pluie incessante, ne tarda pas à dégénérer en cohue. Justement ému d'un désordre qu'il qualifie de « vrai scandale, » le chapitre de Notre-Dame représente d'urgence à l'archevêque la nécessité de modifier le dispositif des cérémonies; ultérieures^.
Ce fut, pour nombre de gens, une occasion nouvelle de murmurer contre un prélat dont Jes mesures avaient été aussi mal prises que mal appliquées. On rappelait
1 Le chapitre avait eu déjà, pour une question de prérogatives et d'étiquette, un démêlé sans conséquence avec l'archevêque, au jour même de l'ouverture du jubilé. On en trouve un écho dans les chroniques du temps (Cf. Barbier, t. V, p. 39. — Argenson, t. VI, p. 396).