RANCUNES DE SECTAIRES
qu'au dernier jubilé de 1729 il nV avait pas eu de processions, mais de simples stations pendant quinze jours ou trois semaines, et que, en des circonstances analogues, Tusage était d'indiquer dans le mandement des jours distincts pour les diverses paroisses ^ Ces germes de mécontentement, entretenus par les ennemis naturels de Beaumont, allaient provoquer contre lui une irritation des plus vives, surtout dans la partie de la bourgeoisie qui se rattachait à Topposition parlementaire. C'est dans ce milieu, en effet, non moins que parmi les hommes restés fidèles aux dernières traditions de la Fronde, que le jansénisme n'avait cessé de recruter la plupart de ses disciples.
L'affaire toujours pendante de l'administration des hôpitaux servait d'autant mieux alors ces rancunes de sectaires, que le Parlement avait à se venger de l'appui que l'archevêque venait de trouver à la cour. Après s'être insurgé contre Rome et l'Église, « en prétendant, > malgré l'Église et Rome, rester dans l'orthodoxie, » le jansénisme allait une fois de plus s'insurger contré llâtitorité royale, « en protestant de sa soumission au roi*. » En attendant, c'est sur Beaumont qu'il déchargera de préférence, comme toujours, sa mauvaise humeur.
Un chroniqueur, peu suspect de tendresse pour le digne prélat, est contraint de l'avouer, avec preuves à l'appui. « Cette affaire, dit-il, est tellement un effet du parti janséniste et de la haine qu'il a contre l'archevêque
1 D'après lo dispositif du jubilé de 1751, on devait faire, « pendant quinze jours consécutifs ou interrompus, des stations dans quatre églises par jour, » ce qui donnait un total de soixante stations. Il était permis d'y suppléer par cinq processions à Notre-Dame et à trois autres églises. -
* Cf. Remiedes Deux Mondes, 15 juin 1852, p. 1106.