EXERCICES LITTÉRAIRES
Sous le dais, les médaillons de Louis XV et de Marie Leckzinska ; aux deux côtés du trône, ceux du dauphin et de la dauphine, reliés l'un à l'autre par de fraîches guirlandes. Les tribunes étaient pareillement tendues de tapis bleus à fleurs de lis et crépines d'or; un cordon de gaze d'or à bouillons revêtait le bord supérieur des tentures, et chaque pilastre portait sa girandole de cristal festonnée d'ornements gracieux.
On n'entend point sans doute que nous passions en revue la quantité considérable d'inscriptions et d'emblèmes qui décoraient la vaste salle ^ mais nous devons dire que la curiosité du public était surtout attirée par le tableau qui faisait face au trône royal. Le véritable intérêt de la fête ne reposait-il pas sur ce médaillon placé entre les deux portraits des rois de Pologne, médaillon fort riche d'ailleurs, et qui représentait le duc de Bourgogne offert à la France par l'entremise du ciel?
Le P. Duparc, un des professeurs de rhétorique, avait été désigné pour interpréter publiquement cette haute signification des réjouissances de la journée^. Mais, avant qu'il se levât pour prononcer le discours, quelques pensionnaires d'élite étaient venus remettre aux mains de Christophe de Beaumont tout un album de poésies, dans les cinq langues ; hébraïque, grecque, latine, allemande et française. La mode étant aux chansons, les chansons n'y faisaient point défaut. On distribua, en outre, mainte pièce de circonstance aux prélats assistants, et du haut des tribunes on en répandit un
1 Pour une doscription plus détaillée, consulter le Journal historique (novembre 1751, p. 393\
^ Le P. Jacques Lenoir- Duparc, né à Pont-Audemer, le 15 novembre 1702, mourut à Paris- dans les premiers jours de la Révolution.