‹ Christophe de BeaumontChapitre 176 sur 368 · LA SŒUR PERPÉTUE · texte numérisé non relu

LA SŒUR PERPÉTUE

Une seconde sommation ne reçoit pas d'autre ré" ponse. Le feu était aux poudres.

Le vendredi 15, toutes chambres assemblées, la Cour» à l'unanimité moins quatre voix, porte l'arrêt qui ordonne la saisie immédiate du temporel de l'archevêque *. De plus, elle convoque les pairs et les princes du sang à se rendre, le 18 au matin, pour occuper leurs sièges au palais et connaître de l'affaire dans laquelle est impliqué Mgr de Beaumont. Celui-ci, en efTet, comme duc de Saint-Gloud, n'avait à relever que de ses pairs. Cette convocation inattendue pouvait déjà passer pour un véritable coup d'Etat ; mais n'était-ce point payer d'audace que d'inviter le roi lui-même à venir la présider?

L'effervescence fut grande à Paris. On avait commencé par des épigrammes ^, on menaçait de finir par la révolte et le schisme. Il est certain que le Parlement songeait à commettre le doyen des conseillers clercs, l'abbé Boucher, pour donner d'office l'Extrême-Onction à la malade. Le premier président eut bien du mal à dissuader ses collègues d'une incartade qui aurait nécessairement des conséquences redoutables ^.

1 « Pour son spirituel, on aurait été fort embarrassé de le trouver. » (Lettre de d'AIembert à M™® du Deffand, 22 décembre 1752.) — C'est sur ces gentillesses de haut goût que l'on s'est fondé trop souvent pour refuser à Beaumont les plus rares qualités de l'esprit.

^ Notons encore ce quatrain qui faisait allusion au nom de l'archevêque et à l'affaire présente :

Le Christophe de taille et gigantesque et forte

Porte Dieu toujours avec lui ; I

Mais le Christophe d'aujourd'hui . \

Ne veut pas le porter et défend qu'on le porte. !

(Barbier, t. V, p. 302.) |

* * « Si la chose eût été exécutée, dit un écrit du temps, la France et l'An- '

gleterre se trouvaient au même niveau. Il ne restait plus qu'à nous faire

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