VEXATIONS PARLEMENTAIRES
« Si le prêtre, dit-il, part du cloître Saint-Hônoré pour aller à Sain te- Agathe, quinze mille âmes lui feront cortège, et il en entraînera plus de quarante mille au retour. »
Et voilà où devait conduire cette prétention des laïques à porter la main à l'encensoir; à requérir les sacrements avec les formes judiciaires, comme s'il était question d'un bien profane ; à placer, en un mot, le clergé des paroisses dans cette alternative, ou de voir les tribunaux sévir contre eux, ou de violer eux-mêmes les serments jurés au pied des autels ^
Cependant tous les prélats qui se trouvaient à Paris se réunissent chez le cardinal de la Rochefoucauld, décidés à envoyer une députation au roi, pour se plaindre des mesures arrêtées contre le noble archevêque. En attendant, ils font connaître à Christophe de Beaumont la part qu'ils prennent aux vexations dont il est victime, et lui dépêchent M. de Saint-Julien, receveur général du clergé, pour mettre à sa disposition leur fortune propre. Il y eut même un riche particulier qui vint apporter au digne prélat une somme de deux cent mille francs, argent comptant, avec prière d'en user comme de son bien. Touché de ces témoignages de sympathie, Beaumont n'en refusa pas moins toutes ces offres, dé-
abjurer la foi de nos pères. » {Troisième lettre d'un docteur en théologie, p. 41.)
1 Dans son livre de V Eglise russe et l'Église catholique, le P. Rozaven, parlant de la secte moderne des Raskolniks, fait une réflexion que nous croyons utile de transcrire : « Dans l'Église catholique, au milieu du dernier siècle, on refusait les sacrements aux jansénistes, parce qu'ils enseignaient des erreurs dans la foi, quoiqu'ils s'obstinassent à ne pas vouloir se séparer de l'Église. Et en Russie, par un contraste qui n'est pas à Thonneur de la religion russe, on force à participer aux sacrements ceux mêmes qui sont convaincus d'errer dans la foi. » (Nouvelle édition, p. 78.)