UNE SCENE CHEZ LE ROI
On demandera peut-être ce que faisait lo roi, pen- .: dant que ia magistrature, si soumise en apparence, en
réalité si fière, se donnait les libertés que nous avons
dites. Louis XV, irrité au delà de toute mesure, s'en
^ prenait au Parlement, à l'archevêque, à tout le monde.
?f Madame du Hausset qui ne dédaignait pas, en sa qua-
; lité de femme de chambre, d'écouter aux portes chez la
marquise de Pompadour, nous a mis au courant de Tune de ces scènes.
« Qu'avez-vous donc, lui demandait la favorite ? — Ces grandes robes et le clergé, répondait le roi, sont toujours aux couteaux tirés ; ils me désolent par leurs querelles. Mais je déteste bien plus les grandes robes. Mon clergé, au fond, m'est attaché et fidèle : les autres voudraient me mettre en tutelle. — La fermeté, disait la marquise, peut seule les réduire. — Robert de Saint- Vincent*, reprenait le roi, est un boute-fe,u que je voudrais pouvoir exiler; mais ce sera un train terrible. D'un autre côté, Varchevêque est une tête de fer qui V cherche querelle.., » M. de Gontaut entra. Le roi se
promenait très agité. — « Le Régent a eu bien tort de leur rendre le droit de faire des remontrances : ils finiront par perdre l'État. — Ah ! Sire, dit alors le nouveau venu, il est bien fort pour que de petits robins puissent l'ébranler. — Vous ne savez pas ce qu'ils font et ce qu'ils pensent, riposta le roi : &est une asseynblée de républicains. En voilà, au reste, assez : les
intimes de la famille de Beaumoni, Joseph Treneull assure que « ce prc^lat, dont la fermeté contre les jansénistes ressemble quelquefois à de l'emportement, était admirable dans son intérieur, par l'égalité, la douceur et la modération de son caractère. » {Biographie universelle.) 1 Conseiller au Parlement et janséniste renforcé.