‹ Christophe de BeaumontChapitre 182 sur 368 · LES GRANDES REMONTRANCES · texte numérisé non relu

LES GRANDES REMONTRANCES

allait bientôt avertir Beaumont qu'il était le principal point de mire des remontrances, relativement du moins à ce malheureux schisme qu'on ne cessait de lui imputer.

L'estampe, d'ailleurs, est assez réussie. On y voit un génie ailé , coiffé d'une flamme, portant sur sa poitrine le soleil de la vérité et brandissant de la main droite le glaive étincelant de la parole. Près de lui reposent les attributs de la justice : la balance et le faisceau. Son pied foule le tison du schisme dont la flamme déjà menace le globe de la France, une couronne et un calice , triple symbole de l'État, de la majesté royale et de la religion. Sur le bouclier qui protège son bras gauche , ces trois mots : SENATus OPTIMO PRiNGiPi. Au bas de l'estampe , cet exergue explicatif : de sghismate extinguendo.

Avouons que le Parlement se montrait habile, en affectant de ménager les susceptibilités du roi et de glisser sur la grosse question de la pairie, pour paraître ne s'en prendre qu'à Beaumont et aux hommes de sa trempe. A lire cette longue pièce, d^une énergie contenue et d'une souplesse insidieuse, on comprend mieux le retentissement que devait avoir la phrase qui la termine. Nous en reproduisons le texte d'après l'une des copies manuscrites que Ton fit circuler dans le public :

« Si les personnes qui abusent de la confiance de Votre Majesté prétendent nous réduire à la cruelle alternative ou de manquer à notre devoir ou d'encourir votre disgrâce, nous leur déclarons que notre zèle est sans bornes et que nous nous sentons le courage de devenir victimes de notre fidélité ^ »

' Archives nationales (K. 698, n" 30).

Page 1