‹ Christophe de BeaumontChapitre 189 sur 368 · LES LIBERTÉS GALLICANES · texte numérisé non relu

LES LIBERTÉS GALLICANES

Ces paroles sont une allusion au bruit provoqué, peu de jours auparavant, par les thèses soutenues chez les Jésuites de Paris sur la question brûlante des libertés gallicanes. A l'exemple de leurs confrères de Marseille (dont les conclusions ultramontaines avaient eu l'avantage d'être censurées par le parlement de Provence) , ils venaient, sur l'invitation même de l'archevêque, d'afficher plusieurs thèses doctrinales où les quatre articles de 1682 étaient vertement pris à partie.

Ce fut une tempête. Résolu, coûte que coûte, à la braver, Christophe de Beaumont voulait qu'on pressât à Rome le procès de béatification du vénérable P. Bellarmin, pour opposer l'autorité des décrets apostoliques aux tenants des prétendues libertés de l'Église de France.

Ce projet, disons-le, n'avait rien de bien nouveau. Récemment encore, le général de la Compagnie de Jésus, qui ne pouvait oublier les témoignages personnels d'affection reçus autrefois de Louis XV ^ avait écrit

station du carême de 1753 à Saint-Sulpice. Au mois de février de Tannée suivante , il évangélisait tour à tour Saint-Roch et Sainte-Marguerite , et nous le retrouvons à Saint-Merry pour le carême de 1754.

• Louis XV, quatre ans auparavant, avait adressé à ce religieux la lettre suivante :

« Très-révérend Père, — J'ai reçu la lettre par laquelle vous m'avez informé de la mort du P. François Retz, général de votre Compagnie. Les vertus et la sagesse de sa conduite pendant tout le cours de son gouvernement m'avoient inspiré une estime particulière pour luy, et II a donné une nouvelle preuve de son discernement en vous désignant pour remplir jusqu'à l'élection de son successeur les fonctions de vicaire général. Je seray toujours disposé à accorder à vôtre Compagnie des marques distinguées de ma protection et de ma bienveillance , et à vous donner personnellement des témoignages de mon affection. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait Très- Révérend Père en sa sainte garde. Écrit à Versailles, le quatorze décembre 1750.

« Louis.

« Au R. P. Ignace Visconti, vicaire général de la Compagnie de Jésus. »

(Archives du Gesù.)

Page 1