JOIE DE SES ADVERSAIRES
Ce fut une joie inexprimable dans le clan des ennemis du clergé en général et des Jésuites en particulier. « On admire la fermeté du roi, écrit Barbier, et on l'élève autant qu'on l'avait rabaissé depuis deux ans. Tel est le peuple^. » L'organe de la secte en oublia le ton gourmé qui lui était ordinaire , et on le vit s'échapper en eiBfusions inaccoutumées de reconnaissance pour ce « nouveau monument de l'équité , de la sagesse et de la bonté du roi. » Il ajoute : « Cette réponse n'a pas besoîix de commentaire. Elle est si noble , si belle , si équitable, si digne d'un grand roi et d'un bon roi, qu'elle n*a (ju'à se montrer pour être admirée. Avionsnous tort de dire que le roi avait tranché le nœud de la di/^ctaté?^y>
Les rimeurs du parti viennent à la rescousse, et Ton entend fredonner dans les rues des couplets de ce style :
Le père du peuple à Pontoise , Puis à Soissons a séjcmrné :
Son père en Dieu,, pour même tioise , A Gonflans vient d*ôtre emmené.
L'un dix-huit mois a gardé sa retraite ; Que l'autre y reste sans retour.
Chacun à son tour,
Liron, lirette , Chacun à son tour^.
1 Journal^ t. VI, p. 84.
^ Nouvelles &Q 1755, p. 11.
* Correspondance littéraire de Grimm (décembre 1754).— Nous ferons grâce à nos lecteurs d'autres épigrammes de même acabit. Les curieux en trouveront plusieurs à la bibliothèque de l'Arsenal, dans le Portefeuille du comte d'Argenson (t. I, p. 361). Je n'en citerai qu'une, très médiocre ; c'est la moins mauvaise :
Corrigez>vou8 1 prenez, Monseigneur da Repaire, Un pins évangéliqae et pVis paisible ton, Car de Gonflans à Gharenton, Vous n'avez plus qu'un pas à faire.