‹ Christophe de BeaumontChapitre 201 sur 368 · MADAME DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

MADAME DE POMPADOUR

deux ministres ayant insisté pour qu'on modifiât les mots incriminés, le roi, qui se promenait de long en large, aurait tranché l'affaire d'un coup : « Qiiod scripsi, scHpsiK »

Quoi qu'il en soit, les magistrats ne voulurent pas attendre à tirer pied ou aile d'une situation dont ils triomphaient insolemment. « Voilà donc, s'écrie un de leurs champions, voilà donc ce Parlement ci-devant proscrit pour les mêmes choses , et aujourd'hui chargé de toute la confiance du roi pour pacifier le royaume troublé parles ecclésiastiques ^ » Jamais, en effet, les deux pouvoirs n'avaient paru marcher en plus parfait accord : l'un agissant par la voie de l'arbitraire , l'autre suivant des lois qu'il interprète à sa guise.

L'archevêque de Paris n'ignorait point que la marquise de Pompadour jouait le premier rôle dans cette bataille des esprits et des consciences. N'était-elle pas, à côté du roi et derrière lui, l'âme de la guerre qui mettait aux prises, tantôt le clergé et le Parlement , tantôt le Parlement et la Cour ? C'est elle qu'il rendait responsable de tous les malheurs du temps, elle qu'il accusait d'avoir perverti Louis XV et de travailler à la ruine de la religion par un plan ari;|té avec les philosophes, ses amis et ses pensionnaires ^.

Jaloux, ce semble , de justifier à plaisir les accusations motivées de l'archevêque, le Parlement donna ordre, dès le 4 décembre, de sommer l'un après l'autre tous les prêtres habitués de Saint-Étienne du Mont , pour qu'ils eussent à porter, sans retard, le Viatique

> Mémoires, t. VIII, p. 381.

=« Ibid., p. 379.

" Cf. Madame de Pompadour, par Edm. ot Jul. de Goncourl, chap. x.

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