MADAME DE POMPADOUR
deux ministres ayant insisté pour qu'on modifiât les mots incriminés, le roi, qui se promenait de long en large, aurait tranché l'affaire d'un coup : « Qiiod scripsi, scHpsiK »
Quoi qu'il en soit, les magistrats ne voulurent pas attendre à tirer pied ou aile d'une situation dont ils triomphaient insolemment. « Voilà donc, s'écrie un de leurs champions, voilà donc ce Parlement ci-devant proscrit pour les mêmes choses , et aujourd'hui chargé de toute la confiance du roi pour pacifier le royaume troublé parles ecclésiastiques ^ » Jamais, en effet, les deux pouvoirs n'avaient paru marcher en plus parfait accord : l'un agissant par la voie de l'arbitraire , l'autre suivant des lois qu'il interprète à sa guise.
L'archevêque de Paris n'ignorait point que la marquise de Pompadour jouait le premier rôle dans cette bataille des esprits et des consciences. N'était-elle pas, à côté du roi et derrière lui, l'âme de la guerre qui mettait aux prises, tantôt le clergé et le Parlement , tantôt le Parlement et la Cour ? C'est elle qu'il rendait responsable de tous les malheurs du temps, elle qu'il accusait d'avoir perverti Louis XV et de travailler à la ruine de la religion par un plan ari;|té avec les philosophes, ses amis et ses pensionnaires ^.
Jaloux, ce semble , de justifier à plaisir les accusations motivées de l'archevêque, le Parlement donna ordre, dès le 4 décembre, de sommer l'un après l'autre tous les prêtres habitués de Saint-Étienne du Mont , pour qu'ils eussent à porter, sans retard, le Viatique
> Mémoires, t. VIII, p. 381.
=« Ibid., p. 379.
" Cf. Madame de Pompadour, par Edm. ot Jul. de Goncourl, chap. x.