EXERCICES D ENFANCE
l'honneur, la sauvegarde de la piété va rester comme une sentinelle vigilante à côté de ses défauts<On le verra sincèrement empressé à faire agréer ses excuses et résolu à réparer ses moindres fautes. Il n*eùt pas dormi tranquille avec un remords.
Debout dès l'aube, il appliquait à l'étude les premières heures de la journée, « les meilleures, » avait dit sa mère, qui ne voulut jamais entendre parler des veillées tardives. C'est à cette prudente école, avouait-il un jour dans sa vieillesse, qu'il contracta les habitudes du travail opiniâtre, mais uniformément régulier, dont il ne s'est départi en aucune saison, même au plus vif des matinées d'hiver. Son talent naturel y gagna de se dégager promptement des nœuds qui en avaient d'abord embarrassé la sève. Les exercices variés du corps alternaient utilement, du reste, avec ces occupations un peu sédentaires de l'esprit : il se montrait alerte, intrépide, parfois téméraire, toujours émerillonné. Quelques marches rudes, des courses violentes à travers champs, une sorte de gymnastique au hasard, toute de sauts et de bonds, avaient donné à ses membres cette élasticité prodigieuse dont mainte tradition de famille rapporte encore d'étranges exemples. Mais nous avons mieux à dire, pour donner raison à l'adage qui permet d'augurer des qualités de l'homme par celles de l'enfant : Spes messis in semine.
Au commencement de 1706, Christophe, trop jeune pour se rendre compte de ce qu'on appelle une grande douleur, avait vu couler, sans les comprendre, les larmes de ses parents, attristés par la mort soudaine du frère aîné de «madame de Beaumont. Après avoir échappé aux risques de vingt batailles, le malheureux