‹ Christophe de BeaumontChapitre 232 sur 368 · DISPOSITIF DU MANDEMENT · texte numérisé non relu

DISPOSITIF DU MANDEMENT

s'éleva entre lui et l'archevêque de Lyon (Montazet). Voici la fin du préambule :

« Ainsi, M. G. F., les maux de lÉglise parviennent de jour en jour à leur comble ; et pourrions-nous les dissimuler plus longtemps sans nous rendre totalement inexcusable aux yeux de Dieu et des hommes, sans blesser les devoirs de notre conscience, sans manquer essentiellement au peuple immense dont le salut nous est confié. O Israël ! écoutez donc la voix de votre pasteur et de votre père en Jésus-Christ : il n'a point d'autre désir que celui d'être fidèle à son devoir et de vous apprendre le vôtre ; point d'autre intérêt que celui de la vérité et de la justice pour laquelle il est résolu de se sacrifier; les disgrâces auxquelles il s'expose vous sont de sûrs garants de la droiture et de la pureté de ses intentions... »

Les exigences de notre étude biographique ne nous permettent pas de donner l'analyse, même succincte, d'une instruction pastorale aussi étendue ^ Ce sera assez d'en reproduire le dispositif, qui fit bondir de colère tous ceux qui se sentirent atteints :

... Voulant assurer aux décisions de l'Église universelle, et notamment à la Constitution Unigenitus, la soumission de cœur et d'esprit qui leur est due, nous faisons très expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de notre diocèse, de lire ou de retenir les imprimés ayant pour titre : Extrait des registres du Parlement, etc. (suit le détail), et tous autres écrits de môme nature , tendant à envahir l'autorité de l'Église et à inspirer aux fidèles des sentiments d'indocilité et de révolte contre ses décisions.

^Elle ne conlientpas moins de 82 pages in-4°, imprimées en petit texte. Nous donnerons toutefois, aux pièces justificatives, les parties essentielles de cette œuvre capitale.

S32 COLÈEES qu'il SOULEVE.

En outre, désirant empêchei- la profanatiuii des sacrements et pourvoir ù la Lbei'té du saint ntiiiistére, nous défendons, nows peine d'excommunication, encout'uo par le seul fait : 1» à tout Adèle, t" de se pourvoir pardevant les juges séculière pour se faii* adniinis- I ti'er les saci-emenk;, et à tous ceux qui approchent des malades , de leur conseiller cette nianièi'e profane de les obtenir, ou de leur donner, en quelque façon que ce soit, aide cl secours pour y réussir par ce moyen ; 2" à tout magistrat et juge séculier, de rendre aucun jugement ou sentence qui, soit expressément , soit équivalemment , poile injonction au\ ministres de l'élise d'administi'er les sacrements, et à tout officier d'un tribunal laïque de faire ou de signifier aucuns actes qui tendent à les y contraindi'e.

Défeudons de plus, sous la même peine, ii tout curé, vicaire et pi'étre séculier ou ré9;ulier, exempt et non exempt, dans toute retendue de notre diocèse, d'administrer les saci'eraeuts en verlu d'aucune signification, sommation, sentence, arrêt, jugement, ou de quelque acte que ce soit, émané du tribunal séculier. — Et sera notre présente, etc...

Tel est ce mandement fameux, d'une dignité calme d'une force contenue, que Soulavie ne rougit pas. ippeler « une production virulente » et « le plus fana- [ue» des mandements d'évêques'. Une fait d'ailleurs le traduire, par un mot insultant, les innombrables ochures et pamphlets dans lesquels, sous couleur de pliquer à Christophe de Beaumont, jansénistes et lilosophes déversaient l'outrage sur sa personne, lui iputant à crime de s'être comparé à saint Basile, permuté par l'empereur Valens^. On veut bien reeonître qu'il n'est pas question de condamner le prélat l tous égards »■, mais, après avoir rappelé ses refus

Mimoiretdu marichatde Richelieu, t. VIII, p. 334. Beaumont n'avait Tait que lépélur le mot célèbre : « Nepte enim forlaae ipûeopum incidiili, •

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