‹ Christophe de BeaumontChapitre 234 sur 368 · MANŒUVRE DE PARTI · texte numérisé non relu

MANŒUVRE DE PARTI

avoir mis la main au mandement et s'en venir, par précaution, prendre langue à la Cour. Mais, tandis que les uns voyaient là un complot des « ouvriers de la rue Saint -Antoine* » pour effrayer la conscience de Louis XV et le pousser aux résolutions extrêmes ; d'autres, plus empressés d'éveiller les susceptibilités royales, répandront bientôt par milliers des estampes symboliques où figurera, en vedette, le contraste intentionnel d'une maxime de l'archevêque et d'une affirmation du roi^.

Une manœuvre plus intelligente eût consisté à mettre la doctrine de l'archevêque en contradiction avec celle du pape. Nous devons encore avertir qu'on ne s'en fit pas faute. Le plaisant de l'affaire est que l'écrivain anonyme s'efforce à grand renfort de capitales et d'itar liques de trouver un argument pour sa thèse dans le passage du bref où le Souverain Pontife répand sa bénédiction « sur tous les pasteurs de France et sur tous les peuples qui sont confiés à leurs soins ». Le moyen, en effet, après cela de ne pas conclure que l'obstiné prélat se cantonnait dans l'isolement de son petit esprit !

Il a toujours été de mode d'opposer ainsi Vinflexihilitè de Christophe de Beaumont à la tolérance de Benoît XIV, ce pontife qui trouva grâce devant Voltaire et que tant d'autres philosophes ont fatigué de leurs

1 La maison professe des Jésuites (aujourd'liui lycée Charlemagne) était siluéa dans ce quartier. — C'est par allusion au bruit dont nous parlons que la gazette enregistrait le mensonge suivant : « Tout l'édifice archiépiscopal, si fastueusement élevé par les meilleurs ouvriers do la rue Saint— Antoine, croule de toute part, sans qu'il en reste pierre sur pierre. > {Nouvelles do 1756, p. 186.)

* Le cartouche inférieur représente un arbre, aux rameaux feuillus, qui brave la foudre : Cœcl irrita fulmina zeli.

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