‹ Christophe de BeaumontChapitre 235 sur 368 · RÉPLIQUE AUX ATTAQUES · texte numérisé non relu

RÉPLIQUE AUX ATTAQUES

adulatioiis équivoques. A les en croire, Tarchevêque de Paris, exaspéré de la mollesse dont le pape aurait fait montre dans sa réponse aux membres de la dernière assemblée, ne fut qu'à deux doigts de se jeter dans un éclat scandaleux. « Ce qui démontre bien, affirmaientils avec impudeur, que ce prélat n'était point, comme • on a dit, un fanatique aveugle, mais un hypocrite dangereux, puisque non seulement il avait déjà méprisé la décision de ses confrères, mais qu'il méprisait à présent V Encyclique de Benoît XIV, pour défendre la Bulle de Clément XI ^»

Beaumont, pour toute réplique, se contenta de laisser livrer à l'impression un recueil de documents que j'ai sous les yeux, documents d'une valeur incontestable, munis de la signature de plus de quatre-vingts évêques et destinés à témoigner de l'accord parfait qui existe, non seulement entre sa doctrine et celle de ses collègues, mais encore entre la doctrine unanime de l'épiscopat français et les enseignements du Saint-Siège.

4c Cette conformité est frappante, conclut l'écrivain qui a coUigé ces pièces, et rien ne doit être plus consolant pour M. l'archevêque, et pour le grand nombre dé prélats qui ont adhéré à son Instruction, soit par des actes particuliers, soit par des mandements publics, que de voir la doctrine qu'elle contient autorisée et confirmée par le Souverain Pontife ^. »

Il est vrai que, alors comme aujourd'hui, tel se rebiffait contre les décisions de Rome qui n'était pas loin de se mettre à genoux devant l'infaillibilité des parlements.

1 Mémoires de RiehelieUy t. VIII, p. 341.

' Recueil de pièces importantes relatives à l'Instruction pastorale de M. l'arcUviêque de Parw, l'e parlio, 46 pages iQ-4o.

326 l'infaillibilité des parlements.

Je lis, dans une brochure de Tépoque, citée plus haut, ces lignes incroyables qui se passent de commentaire :

En vérité , je ne vous comprends pas ; vous demandez qu'on qualifie les opinions de M. l'Archevêque, et qu'on les condamne. Hé quoi ! le Parlement n'a-t-il pas déclaré qu'elles étaient directement contraires aux saints canons, à l'Évangile, à la discipline de l'Église? Que vous faut-il davantage? Croyez-vous qu'on puisse appeler de ses arrêts comme des canons d'un concile, ou des bulles du pape? Le parlement a prononcé, la chose est décidée. S'il n'était pas infaillible, que deviendrait la cause de la vérité, puisque ses arrêts sont irréformables * ?

On croirait entendre Thonnête Bailly répondant plus tard au curé de Saint-Sulpice, qui lui oppose la voix de sa conscience pour se défendre du serment schismatique : « Monsieur, quand la loi a parlé, la conscience doit se taire. »

^ Lettre d'un saint prêtre^ déjà citée, p. 5.

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