LOUANGES DONNÉES A BEAUMONT
secte attendait à s'en consoler que la rentrée de la Saint Martin permît au Parlement de le traduire à sa barre.
La Rochefoucauld soufflé par Bernis, son ancien condisciple de séminaire, vint, en effet, de la part du roi, chercher des explications à Gonflans. Beaumont, qui n'avait point à se justifier de l'accomplissement d'un devoir, ne dissimula pas davantage que l'initiative qu'il avait prise était le simple prélude d'une résistance canonique en forme, dans laquelle il comptait bien être suivi par plus d'un évêque.
Beaumont ne se trompait pas, et c'est un bel épilogue à sa manifestation de Gonflans que l'appui courageux qu'il rencontra, dans toute cette affaire, chez plusieurs de ses collègues de l'épiscopat. J'ai lu ces divers mandements, portant tous approbation de l'Instruction pastorale, adhérant tous à la doctrine qu'elle renferme, et l'adoptant sans réserve pour leur propre diocèse. Leur témoignage est unanime.
A leurs yeux, l'archevêque est « un prélat digne des premiers siècles du christianisme » ; — un pasteur zélé « qui a souffert, sans se plaindre, les humiliations les plus dures » , après qu'il avait « prodigué ses biens pour la subsistance des pauvres et de ses ennemis mêmes les plus acharnés » ; — un pontife exemplaire « dont la vie pure et irréprochable déconcerte les calomniateurs les plus audacieux » , et qui ajoute à une fermeté inébranlable « l'esprit de douceur et de paix, véritable caractère d'un évêque selon le cœur de Dieu » ; — un homme d'une bonté notoire « qui s'oublie lui-même pour n'écouter que ,son cœur, et qui donnerait sa vie pour ramener dans la maison du Père de famille les